Puisqu’il faut des hommes

Revenir après la guerre. Conserver ses cicatrices sans que celles-ci n’émergent devant les autres. Faire face aux regards. Et être prêt à se battre à nouveau contre un nouvel ennemi : la rumeur !

En 1961, Joseph revient dans sa ville de Château-Gontier au terme d’un conflit en Algérie. Ce soldat n’est plus dans son domaine, tout a changé.

Sa famille lui en veut après l’accident arrivé à son frère Jules. En effet, lors de son absence pendant la guerre, son frère, ce cycliste émérite, promu à un avenir de professionnel, a eu un accident l’immobilisant à vie dans un fauteuil roulant. A son retour, Joseph doit alors travailler à la ferme pour se racheter une conduite, ou plutôt une absence durant la guerre.

Son père ne lui pardonne rien. Il le fait travailler avec les chevaux de trait en lieu et place du tracteur familial, qui est en panne et ne sera jamais réparé.

Or, lorsque Joseph s’attèle à la tâche et répare le tracteur, son père le détruit avec le fusil.

D’un côté, Joseph se bat pour utiliser le tracteur et ne pas être usé par le travail. Et de l’autre, son père se bat contre l’industrialisation. Avec celle-ci, les tracteurs seront de plus en plus performants pour augmenter les récoltes, mais aussi les dettes. Deux logiques s’opposent, même si elles sont toutes les deux bonnes.

Quant au bar du coin, « Chez Dermaut », que pense-t-on du retour de Joseph ? C’est un planqué, un gars qui revient de la guerre alors qu’il n’a rien fait. Lorsque le fils du patron du Dermaut reviendra, il sera reconnu comme un héros. On dira de Joseph qu’il n’a rien fait au combat, qu’il était volontaire, or « on ne va pas à la guerre comme volontaire, il faut être appelé ».

Et parfois, les démons de Joseph ressurgissent. Doit-il tirer sur son père quand il a un fusil entre les mains ?

Doit-il tuer cet enfant qu’il croise au coin de la rue ? Autre monde, autres règles.

Côté amour, Joseph n’est pas épargné. Son ex-petite amie, Mathilde, est passée à autre chose. Une autre histoire d’amour avec le boucher du coin, un parti sûr !

Mais Joseph n’a jamais oublié personne. Il a même adressé un certain nombre de correspondances à Mathilde, qui ne les a jamais reçues. Alors qui les a réceptionnées ?

Il existe peut-être deux Mathilde : l’une qui serait passée à autre chose, et l’autre serait disponible. Mais est-ce la même personne ?

Et qui est réellement ce soldat nommé Joseph ? Un guerrier, un bourreau, un sauveur ?

Lorsque le directeur de collection chez « Grand Angle », François Dermaut, demande à Philippe Pelaez (« Parallèle », « Fièvre », « Bons baisers de Machy », « Un peu de tarte aux épinards»…) d’écrire une histoire sur le retour d’un soldat de la guerre d’Algérie, il lui impose une seule chose : l’histoire doit se dérouler dans la campagne mayennaise à Château-Gontier.

A partir de là, Philippe débute son projet et s’oriente très vite vers un dessinateur espagnol dénommé Victor L. Pinel.

Ce one-shot a pris le pari de ne pas tomber dans le creuset du fatalisme, et livre un récit juste et touchant. La Loutre est conquise !

En bref

Un one-shot
Auteurs : Philippe Pelaez et Víctor L. Pinel
Editeur : Grand Angle

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McR a est un homme barbu mais pas méchant. Il a connu la préhistoire, et grâce à un accélérateur de particules, il a pu rejoindre la communauté.
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