Le peintre hors-la-loi

A l’aurore de l’année 1793, le peintre Lazare Bruandet est en plein tourment créatif. Il cherche, cherche et cherche encore « le plaisir de l’instant ». Quand il ne peint pas sa maîtresse, il passe son temps à converser avec son collègue, le peintre Jacques Bertaux.

Pour autant, les deux artistes ne sont pas sur la même longueur d’ondes. Selon Lazare, son collègue veut juste vendre ses œuvres et vivre de son travail. Or lui, il veut vivre pour son travail ! Son acte de création n’a même pas à être vendu. Tout cela, il s’en fiche.

Mais un beau jour, le destin de Lazare bascule. Il découvre que sa femme le trompe. Ni une ni deux , un dispute éclate au sein du couple et cela se termine par un drame. Lazare défenestre sa femme.

Le peintre, totalement fou, décide de quitter Paris et de se cacher. Il demande alors le soutien de son ami Jacques. Celui-ci lui conseille de s’exiler en forêt de Fontainebleau. Lazare accepte et déménage dans un monastère, lui qui est totalement athée.

Mais rien n’est si simple. Quand Lazare ne peint pas, il boit. Quand il ne boit pas, il se bat à l’épée en récitant des techniques picturales. Quand il ne se bat pas, il insulte les gens.

Comme son comportement n’arrange rien à l’affaire, Lazare doit bientôt faire face à lui-même. La découverte de la maison de son enfance ne va rien arranger à tout cela. Ses vieux démons ressurgissent, et il se revoit enfant se battre contre la violence des hommes. Les images de ces militaires qui ont tué sa mère de sang-froid reviennent à son esprit.

Et une belle serveuse parvient à le calmer un peu. Cette serveuse qu’il se décide à peindre, va-t-elle réellement réussir à l’assagir définitivement ? Rien n’est moins sûr !

Faut-il crier au chef d’œuvre en lisant « Le peintre hors la Loi ? » Ma réponse est oui !

Frantz Duchazeau que je ne connaissais pas, a su me conduire dans le tableau de la vie du peintre Lazare Bruandet.

Sans jugement aucun, l’auteur choisit de nous conter une histoire simple parsemée de tableaux. En effet, il s’avère que des dessins de l’album font office de peinture, comme si Lazare évoluait au sein de sa propre œuvre !

J’ai apprécié pouvoir m’identifier à ce peintre qui est en réalité assez repoussant. Il est violent, alcoolique, un brin fou, mais tellement talentueux !

Et la couleur que met en œuvre Drac sert le dessin de Frantz. Il réussit à donner parfois des impressions de vieilles lithographies.

Le trait de Frantz me fait penser à celui de Dino Battaglia dans la série « Thyl l’espiègle », l’espiègle saltimbanque malicieux et farceur de la littérature populaire allemande.

Ce « one shot » frappe comme une claque, et permet de découvrir ou redécouvrir le talent de Bruandet.

A vos couleurs, chers lecteurs !

En bref

Un one-shot
Auteurs : Frantz Duchazeau et Drac
Editeur : Casterman


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McR

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McR a est un homme barbu mais pas méchant. Il a connu la préhistoire, et grâce à un accélérateur de particules, il a pu rejoindre la communauté.

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