« Astra Saga » : interview de Philippe Ogaki à Quai des Bulles


Mélange de space-opera et de mythologie nordique, « Astra Saga » est une nouvelle série de science-fiction ambitieuse ! Une grande bataille, le Ragnarök, a détruit une partie de l’univers. Alors que la flotte impériale parcourt la galaxie pour maintenir l’ordre, des divinités cosmiques surgissent pour mettre la main sur l’or des Ases…

Philippe Ogaki, l’auteur des séries « Les Mythics » et « Azur », est aux commandes de cet univers foisonnant. Il vient expliquer tout cela, mais aussi nous parler de ses inspirations et des coulisses de cette série ambitieuse.

 

D’où vous est venue cette idée de mélanger la science-fiction et la mythologie nordique ?

J’ai commencé à élaborer le scénario il y a plus de dix ans. Cela a beaucoup évolué depuis. L’envie de base était de faire un « space-opera » avec une dimension impériale, des batailles galactiques et des divinités. Celles-ci auraient acquis une technologie leur permettant de dépasser les lois de la physique. Je suis passé par plusieurs versions, avec différentes mythologies. J’étais d’abord parti sur la religion chrétienne avec des anges. J’ai aussi créé ma propre cosmogonie, avec ses trois niveaux d’univers.

Puis je me suis souvenu de la trilogie de Wagner, que ma mère m’avait fait découvrir quand j’étais enfant. J’ai alors relu des ouvrages sur le sujet, et j’ai trouvé que cela coïncidait parfaitement avec mon histoire. J’ai alors pu commencer à mettre ensemble les pièces du puzzle pour faire avancer le scénario.

 

Le premier tome présente l’univers et les personnages. On revient en arrière sur l’enfance des héros. L’histoire commence vraiment à la fin du tome. On a hâte de lire la suite !

C’est un parti pris ! Le roman « Hypérion » de Dan Simmons fait partie des œuvres qui m’ont vraiment marqué. Toute la première moitié du livre n’est constituée que de flashbacks, qui expliquent l’univers. Cela permet de bien appréhender les personnages et les enjeux dans la suite de l’histoire. Je vais conserver cette structure.

 

C’est drôle, car Dans Simmons a aussi mis en scène des divinités cosmiques dans « Illium » et « Olympos ».

Tout à fait ! J’ai lu ces romans très récemment. Cela m’a permis de découvrir une autre façon de mettre en scène les mêmes thématiques.

 

Quelles sont vos autres influences en termes de science-fiction ?

Les romans d’Edward Hamilton des années 50-60 m’ont beaucoup marqué. Il a fait du space-opera. Quand on lit par exemple « Capitaine Futur », tout « Star Wars » est dedans ! Georges Lucas a lu ça étant jeune et il l’a retranscrit dans ses films, dont je suis évidemment fan. En BD, j’ai grandi en lisant « Aquablue » et « Akira ».

Je suis aussi très inspiré par le XIXe siècle, le second Empire français et l’Empire austro-hongrois. Tous les problèmes politiques évoqués dans la BD sont inspirés de cette époque-là. Au niveau esthétique aussi, l’armure des soldats est inspirée des armures des dragons de la garde de l’armée napoléonienne.

 

 

Dans « Astra Saga », vous êtes à la fois au scénario et aux dessins.

Oui. Il y a aussi beaucoup de personnes qui m’aident. Cinq personnes sont à la mise en couleurs et je suis épaulé par un assistant 3D. Cela fait beaucoup de monde !

 

Justement, quel est le procédé pour avoir ce rendu 3D dans une BD ?

J’ai mélangé plusieurs techniques différentes. Les personnages sont dessinés en traditionnel à l’encre de Chine sur du papier. Ils sont ensuite scannés et intégrés au dessin principal. Les décors sont en grande partie dessinés en informatique. La plupart des vaisseaux et véhicules sont modélisés en 3D directement sur ordinateur. Ensuite, il reste tout le travail de colorisation, avec l’aide de mon équipe.

Je ne connaissais pas la 3D, j’ai dû apprendre à l’utiliser pour cette BD. Chaque vaisseau a été modélisé par un ami. Je les place ensuite dans la perspective qui m’intéresse. Je fais une capture, que je retravaille pour l’intégrer à la scène. Il y a eu beaucoup de prises de vues, c’était assez complexe.

C’est un projet qui a pris beaucoup de temps à mûrir, et qui était compliqué à sortir. En 2017, on avait l’ambition d’en faire une version de lecture numérique qui serait une alternative à WebToon. On voulait créer des sensations de profondeur avec des effets de parallaxe, qui suivraient le gyroscope du portable.Cela aurait demandé énormément de travail pour créer chaque élément séparément, donc on est resté sur une BD en réalité augmentée.

 

Ce premier tome propose également une lecture en « réalité augmentée » ! J’ai testé l’application et c’est super ! On scanne les pages, cela donne fait apparaître des informations supplémentaires. Cela m’a permis de mieux comprendre les motivations des personnages et le fonctionnement de l’univers.

Oui, les informations affichées par l’appli sont une partie de la bible littéraire que j’ai rédigée en amont du projet. Avant d’écrire une histoire, je développe d’abord l’univers. Le récit des personnages est ensuite un moyen de faire découvrir l’univers et de jouer avec.

Delcourt propose des BD en réalité augmentée depuis déjà quelques années. La plupart des albums ne l’intègrent pas sur toutes les pages. Il se trouve que j’avais suffisamment de matière pour remplir toutes les pages. Le support numérique pour la BD est quelque chose qui m’intéresse beaucoup, et qui s’adapte bien à cette série.

 

 

En combien de tomes est prévue cette série ?

Elle est prévue en sept tomes. La réalisation du tome 2 a pris du retard à cause du Covid, mais il est déjà bien avancé. Il devrait sortir courant 2022.

Le rythme de parution sera d’un album par an. Je suis parallèlement très occupé par mon autre série « Les Mythics ».

 

Merci Philippe !

 

 

En bref

Série en cours (1 tome paru)
Auteur : Philippe Ogaki
Editeur : Delcourt


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BennyB

Co-fondateur de la Loutre Masquée, il est né en 1743, un samedi. Son but dans la vie : rendre le monde meilleur, avec des sites internet à base de loutres. Et il trouve que Spirou a vachement plus la classe que Tintin, quand même.

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