« Cabo-Caboche » : interview de Grégory Panaccione


La vie sourit à certains et pas à d’autres. Le chien, héros de cette histoire, est dans la deuxième catégorie. Dès sa naissance, on essaie de le noyer puis il se retrouve dans une décharge. Il faut se rendre à l’évidence : il est laid et mal aimé. Pour quelles raisons ? Ne peut-il pas reprendre possession de son destin ?

Après les superbes albums « Quelqu’un à qui parler » ou « Un océan d’amour », Grégory Panaccione met en images le roman de Daniel Pennac d’une manière exceptionnelle.

Il nous raconte tout cela au cours d’une interview réalisée au festival Quai des Bulles !

 

Qu’est ce qui t’a intéressé dans cette œuvre ?

Ma première BD « Toby mon ami » était basée sur l’histoire d’un animal. J’ai un plaisir particulier à explorer l’univers des animaux. J’aurai même aimé une histoire plus complexe où les personnages principaux ne seraient que des chiens.

J’aime surtout le rôle que joue l’animal. Il parle avec ses congénères,mais pas avec les humains. Il n’y a pas d’interaction entre homme et bête. Chacun est dans son monde. On n’est pas dans du Disney !

 

Dessiner un chien malheureux et laid, c’est un sacré pari ?

J’ai adoré dessiné ce chien, avec tous ses défauts. Il me semble même qu’il n’est pas suffisamment laid ! Je voulais le rendre attachant dans son comportement et sa manière d’être, plutôt que par son physique.

 

As-tu rencontré des difficultés dans cette adaptation ?

Oui, principalement la notion du temps décrite par Daniel Pennac. Au départ la narration fait état de nombreux flashbacks, or je voulais faire du linéaire et je n’ai pas réussi. Je voulais revenir en arrière alors j’ai ajouté des séquences moi-même. Par exemple, toute la première partie dans la déchetterie n’était pas décrite dans le roman, j’ai dû l’imaginer.

Avec des mots, on peut laisser le lecteur imaginer les scènes. Alors que moi, je devais toutes les dessiner.

D’autre part, ce livre a été écrit dans les années 80. Le public est différent aujourd’hui, les enjeux ne sont plus les mêmes qu’à l’époque. Je voulais une adaptation plus actuelle mais aussi plus belle. J’ai choisi de mettre la déchetterie est au bord de la mer. Je l’ai placée dans un contexte joli car cette partie est la plus importante la vie du chien. C’est très moche pour l’humain mais pour le chien, c’est beau.

 

Ce chien réfléchit beaucoup sur sa relation à l’autre de par ses rencontres. Comment as-tu abordé cela ?

Dans son parcours avec les autres animaux, j’ai suivi Pennac à la lettre. Je n’ai pas changé la narration. Des sentiments et des émotions, cela est facile à retranscrire, je n’ai qu’à les raconter. J’adore cet exercice. J’espère avoir retranscrit au mieux l’esprit de Pennac.

Cette histoire est en quelque sorte une métaphore de la société actuelle. Nos peurs de l’autre prennent parfois le dessus. Il faut aller au-delà des apparences.

 

Merci à Grégory Panaccione de nous avoir conduit vers ces « paradis perdus ».

Ce roman graphique est un régal !

 

 



En bref

Un one-shot
Auteur : Grégory Panaccione
Editeur : Dargaud


Acheter cette BD sur le site de la librairie Critic !


Découvrir nos interviews réalisées à Quai des Bulles 2022 !


The following two tabs change content below.
McR

McR

McR a est un homme barbu mais pas méchant. Il a connu la préhistoire, et grâce à un accélérateur de particules, il a pu rejoindre la communauté.
McR

Derniers articles parMcR (voir tous)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *