« Hoka Hey » : interview de Neyef à Quai des Bulles


Quand on est un jeune amérindien converti au catholicisme américain, l’indien enfoui au fond de soi est prêt à ressurgir à tout moment. Le jeune Georges est-il réellement prêt à faire face à cela ?

Dans le cadre de Quai des Bulles 2022, la Loutre Masquée a eu l’immense plaisir d’accueillir l’auteur Neyef du Label 619, en avant première pour la sortie de son nouvel album « Hoka Hey ».

 

 

Comment vous est venue cette idée de créer un album de 260 pages sur le thème du western ?

J’ai toujours voulu faire un western, je l’adore au cinéma et dans les jeux vidéos, comme « Red Dead Redemption ».  En BD, je lis très peu de choses là-dessus, à part « Gus » de Christophe Blain.

 

Comment se met en place cette création ?

Le début et la fin de cette histoire me sont venus naturellement, il restait ensuite à figer les personnages. L’écriture m’a pris un bon mois avant d’attaquer le dessin. Il me faudra entre un an et demi et deux ans afin d’arriver au résultat final.

 

Je sais que tu travailles souvent avec ton ami Run ?

En effet, habituellement je travaille avec Run, notamment sur « Mutafukaz » ou encore « Doggybags ». Run m’aiguillait quand j’avais des doutes sur mon travail. C’est un perfectionniste et j’aime son analyse.

Par exemple, je me rappelle que sur « Bayou Bastardise » il m’avait fait remarquer qu’une arme à feu n’avait rien à faire dans cette histoire, car totalement anachronique. Son avis est donc super important pour moi.

 

Tu signes là sur le label 619, un endroit que tu connais bien ?

Ce label a été créé par Run. Je suis arrivé un peu après tout le monde. Là-bas, tout le monde me fait confiance, c’est génial.

 

« Hoka Key est le cri de guerre des Lakutas. »

 

Pourquoi cette histoire d’indien ? De sioux ?

En réalité, il s’agit d’un Lakuta, un renégat du nom de Little Knife. C’est un personnage assez froid, un guerrier qui a énormément de colère en lui.

J’ai toujours préféré les indiens aux cowboys : leur culture, leur rapport à la nature et à la société. Je me retrouve davantage dans cette culture indienne, d’où la création de cette histoire et de ces personnages.

 

Si on évoque Little knife, il faut aussi évoquer le personnage de Georges ?

Georges est un enfant amérindien. Le colonialisme veut détruire sa culture, la remplacer par une religion. L’album parle de cette acculturation. Le pasteur qui se charge de l’éducation de ce jeune garçon fera tout pour qu’il oublie ses origines. C’est sans compter sur sa rencontre avec les Lakotas !

 

Et au fait, ça veut dire quoi exactement OKA HEY ?

« Hoka Key » est le cri de guerre des Lakutas !

 

« Hoka Key » va plus loin qu’un simple western. Il pose la question de la disparition programmée de ces cultures, de ces civilisations au profit d’autres qui se croient supérieurs. Neyef signe là une ode à la différence qui reste tristement d’actualité.

Merci à lui !

 

Dédicace !

 

Bande-annonce !

 



En bref

Un one-shot
Auteur : Neyef
Editeur : Label 619


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McR a est un homme barbu mais pas méchant. Il a connu la préhistoire, et grâce à un accélérateur de particules, il a pu rejoindre la communauté.
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