« Les 5 Terres » : interview de Jérôme Lereculey à Quai des Bulles


« Les 5 Terres », ce sont déjà 9 albums parus, dont un cycle terminé et un deuxième en cours. Une grande saga médiévale épique, où se mêlent jeux de pouvoirs, complots, trahisons et scènes d’actions ébouriffantes.

Alors que vient de sortir le neuvième tome, nous avons rencontré le dessinateur Jérôme Lereculey au festival Quai des Bulles de Saint-Malo.

Il nous parle des coulisses de la série, et de son travail avec toute l’équipe. Séance interview !

 

Comment t’es venue l’idée de mettre en scène des personnages animaliers ?

Il y a quelques années, j’avais dessiné une série « Séraphin et les animaux de la forêt » avec David Chauvel au scénario, un album purement documentaire sur les animaux. Cela m’avait beaucoup plu. J’aime beaucoup dessiner des animaux, surtout les chevaux. On en retrouve dans toutes mes BD. Les bestioles, les monstres, c’est mon truc !

David sait que j’aime ça, il a aussi une passion pour les animaux. On avait donc une envie commune de créer un univers avec des personnages animaliers. Il a développé ce projet de son côté, puis il m’a proposé d’y participer. Le scénario m’a beaucoup plus. C’est beaucoup de travail, mais cela vaut le coup, car c’est une chouette histoire !

 

Justement, cela doit être un boulot de malade de créer tous ces personnages ?

Oui ! Les scénaristes (David Chauvel, Andoryss et Patrick Wong) décident que tel personnage sera représenté par tel animal. Puis c’est Didier Poli qui s’occupe du « chara design ». Il me fournit les personnages dessinés sous tous les angles, une « bible graphique » clé en main. Je me les réapproprie pour les mettre en scène.

Dans cette série, c’est important d’avoir un bon « chara design » car il y a énormément de personnages.

 

Les décors sont aussi très détaillés. Comment les créez-vous ?

On essaie d’avoir des décors suffisamment riches et inspirants pour permettre aux lecteurs de voyager un peu. Didier intervient aussi sur le design de décors. Il me fournit une vue de chaque décor emblématique qui revient souvent : le palais, la jungle, etc. J’ai l’ambiance générale de chaque décor, cela me permet ensuite de le développer à ma guise selon les besoins du scénario. C’est très inspirant de travailler ainsi.

 

Dans le nouveau cycle, on quitte les décors naturels et les falaises en bord de mer pour quelque chose de beaucoup plus urbain. C’est une volonté de votre part ?

C’est surtout le scénario qui veut ça. Cela fait du bien un peu de changement. On arrive sur une histoire de mafieux, de guerre des gangs, donc la ville est importante. Dans la BD, ton dessin est au service de l’histoire. Il y a toujours des défis à relever. Quand on te dit que l’histoire se passe dans une grande mégapole très peuplée, il faut la faire. (rires) Et ça c’est bien !

Chaque cycle change complètement d’univers et de personnages. On essaie d’évoquer de nouvelles thématiques à chaque cycle, de faire en sorte que cela se renouvelle.

 

Justement, les albums passent aussi en filigrane quelques messages sur notre société. Le premier cycle évoquait par exemple l’homosexualité ou le féminisme.

Oui, le deuxième tome évoque le matriarcat. La langue est bidouillée aussi : le pluriel est féminin ! Les scénaristes sont sensibles à ces thématiques, c’est bien !

 

Les tomes 9 et 10 sortent à quelques mois d’écart. Vous devez assurer un sacré rendement !

Le découpage du tome 10 est fait. Je commence à travailler sur les planches. Je devrais avoir terminé pour décembre. Les scénaristes sont déjà au tome 13. Le rythme est soutenu, mais c’est un projet excitant. Vu le nombre d’albums prévus, on ne peut pas se permettre d’avoir trop d’attente. On ne peut pas dire aux lecteurs : « Vous aurez la fin de l’histoire dans vingt-cinq ans ! » Ce n’est pas possible ! (rires)

 

L’univers compte cinq peuples. Il y aura un cycle pour chaque peuple ?

C’est ça ! On a prévu de faire cinq cycles de six tomes chacun. Cela fait un paquet d’albums. Nous sortons trois albums par an, ce qui représente un travail sur 10 ans, et nécessite beaucoup de méthode et de régularité.

 

Comment réalises-tu les dessins ?

Je travaille uniquement sur iPad, du découpage jusqu’à la planche finie. Tout est fait en numérique. C’est beaucoup plus zen, on peut corriger facilement les choses, tu es beaucoup plus détendu. C’est aussi grâce à cela qu’on arrive à sortir un album tous les quatre mois. On a un super coloriste, Dimitris Martinos, qui habite à Athènes. Il fait des couleurs très lumineuses. On voit qu’il habite dans un pays ensoleillé ! (rires)

 

Merci Jérôme !

 



En bref

Série en cours (9 tomes parus)
Auteurs : David Chauvel, Andoryss, Patrick Wong, Jérôme Lereculey, Didier Poli et Dimitris Martinos
Editeur : Delcourt


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BennyB

Co-fondateur de la Loutre Masquée, il est né en 1743, un samedi. Son but dans la vie : rendre le monde meilleur, avec des sites internet à base de loutres. Et il trouve que Spirou a vachement plus la classe que Tintin, quand même.
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