« Total combat » : Interview de Jack Manini

La Loutre masquée a eu le plaisir d’interviewer Jack Manini pour la sortie de son album « Total Combat », paru aux éditions Grand Angle.

Après avoir participé à beaucoup de projets (« Estelle », « La fille de l’exposition universelle », « SOS Lusitania », « Jack Cool » … ), le voilà à la fois scénariste et dessinateur sur cet album.

Dans « Total Combat », il nous ouvre un chapitre de son histoire : le MMA ! Il revient ici sur ce sport qui le passionne. Il va nous faire découvrir le parcours d’un jeune sportif prometteur, Jimmy. Ce dernier sera accompagné de son ami et néanmoins adversaire Estéban, et de son grand-père…

 

Où a germé cette idée de BD sur le MMA ? Quelle est son origine ? Pourquoi en faire une BD ?

Photo : Lebedinsky

C’est une vieille idée qui me trotte dans la tête depuis que j’ai vu un film de Bruce Lee au cinéma à l’âge de 11 ans. Ce n’était pas encore le MMA mais les arts martiaux.

Plus tard, en 1976, j’avais 16 ans et j’étais le plus jeune étudiant à entrer aux Arts Appliqués (ENSAAMA), à Paris. C’est là que je vais commencer la boxe ! Parmi les étudiants de dernière année, se trouve un champion de boxe Française, qui cherche une équipe de bras cassés pour s’entraîner deux fois par semaine le soir dans le gymnase de l’école. Chose incroyable, on nous laissait les clés du gymnase pour pratiquer la boxe le soir dans une école déserte, sans aucune assurance ! Je me souviens juste de son surnom,« Boboxe ». Il a été mon premier prof de boxe !

Puis j’ai fréquenté le club de Daniel Renesson, pionnier de la boxe Américaine avec Dominique Valéra où je vais toujours. Enfin, fin 2020, les compétitions de MMA sont autorisées en France. C’était le moment ou jamais de raconter une belle histoire autour des arts martiaux et du MMA, puisque c’est une synthèse de tous les arts martiaux ! Même si ce fichu Covid a empêché la plupart des compétitions ! Mais ce n’est que partie remise…

 

Tu es parfois scénariste et dessinateur. Pourquoi mener ce projet seul ?

Certaines thématiques m’intéressent uniquement comme scénariste, d’autres comme dessinateur. Pour le MMA, c’était les deux. Graphiquement, c’était un peu le retour à mes premiers amours, un style plus comics. Il y avait aussi la possibilité de dessiner des scènes de combats, et de tenter de les animer le plus efficacement possible. Il y a le choix du moment où le coup est porté, de préférence lorsque le mouvement s’achève. L’angle, le cadrage et la possibilité de jouer avec le grillage de la cage octogonale, devant ou derrière les combattants, permet de créer de l’espace. Éclater les cases pour libérer l’action, et revenir à un gaufrier plus sage pour les scènes plus calmes. Pour moi, un défi graphique.

 

Quelles œuvres t’ont inspiré pour la création de cette BD ?

Il y a bien sûr le premier Rocky ! Le grand-père José Perez porte en hommage le même couvre-chef dans la BD. Et puis un point commun à tout bon récits de baston. C’est qu’il y a toujours un enjeu plus important que le simple fait de gagner ou perdre. Un enjeu essentiel ! Dans la BD, Jimmy va dégringoler très bas, non pas victime d’un mauvais coup, mais des impondérables de la vie. Il devra pratiquement renaître, jusqu’à réapprendre à marcher pour remonter la pente. Et, par la suite, retourner dans l’octogone.

 

Mortal Kombat ou Total recall ? Quelle est l’origine du titre ?

Aucun des deux ! Je voulais un titre qui sonne aussi bien en français qu’en anglais pour pouvoir associer le mot MMA sur la couverture (« Mixed Martial Art » ou « Arts Martiaux Mixtes ») !

 

Ton ouvrage met en scène l’amitié de deux combattants de MMA, Jimmy et Estéban. Or le MMA est souvent présenté comme un sport de sauvages, où il n’y a que des ennemis. Avais tu le souhait de modifier cette image ?

Bien sûr ! Les grands combattants sont des athlètes complets, qui passent leur vie dans un octogone ou sur un tatami. Les entraînements sont variés et la plupart du temps très détendus, comme un jeu, même s’ils sont très physiques. Les combattants gardent leur hargne pour les compétitions. En dehors, ils sont incroyablement calmes . On peut aussi pratiquer les arts martiaux sans vouloir devenir compétiteur. Au MMA Factory de José Lopez, on peut commencer dès l’âge de 6 ans.

 

Jimmy est très attaché à son papy qui ne veut pas qu’il fasse de MMA. N’est ce pas un peu l’apanage de tous les parents de protéger ses enfants contre des sports considérés comme extrêmes ?

En fait, derrière la volonté du grand-père apparemment hostile au MMA, il y a le besoin de protéger son petit-fils d’un secret familial . Une sombre histoire, qui pourtant trace un parallèle avec les origines même du MMA ! C’est ce qui sera développé et dévoilé dans le second tome du diptyque.

 

Jimmy recommence les combats dans la rue pour s’en sortir, après avoir tout perdu. Le sport peut-il être un levier de réussite sociale ?

Certainement. Mais là, Jimmy a touché le fond et il va se servir de ses capacités de combattant pour se remettre en selle, dans un premier temps. La gloire viendra peut-être par la suite, mais chaque chose en son temps !

 

Question bonus ! J’ai vu que l’ami Sylvain Vallée était remercié pour sa contribution à la couverture, peux-tu nous en parler ?

Mes parents ont un appartement à Saint-Malo, à deux cent mètres de la maison de Sylvain. On se voit souvent lorsque j’y suis. Je le « coache » pour courir sur la plage, et lui me coache sur mes couvertures ! Pour le premier tome, sur mes premiers « roughs », les deux personnages étaient de profils avec les gants qui se touchaient. Après discussion, ils sont chacun de face, opposés et beaucoup plus efficaces. Depuis, pour me venger, je fais courir Sylvain de plus en plus vite !

 

Merci ! Et on attend la suite avec impatience ! Elle est prévue pour quand ? »

Le round deux sortira en janvier 2022 !

En bref

Série en cours (1 tome paru)
Auteur : Jack Manini
Editeur : Grand Angle


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McR

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McR a est un homme barbu mais pas méchant. Il a connu la préhistoire, et grâce à un accélérateur de particules, il a pu rejoindre la communauté.

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