« L’homme sans sourire » : interview de Stéphane Louis

La Loutre masquée a eu le plaisir d’interviewer Stéphane Louis pour la sortie de son album « L’homme sans sourire », paru aux éditions Grand Angle. Cet auteur n’en est pas à son coup d’essai, il a à son actif pas moins d’une trentaine d’albums ! Et quand il n’est pas scénariste, il dessine, par exemple sur les séries à succès « Tessa », « Carmen Mc Callum », « Khaal », …

Dans « L’homme sans sourire », il nous invite avec son compère Stephane Hirlemann dans un univers imaginaire. Depuis sa naissance, Hubert 31-36 a un sérieux problème : il rit tout le temps. Ce joyeux bébé a eu la malencontreuse idée de naître dans une cité où le rire et le sourire sont interdits. Bien mal lui en pris ! Direction la table d’opération : l’enfant et ses parents sont opérés pour ne plus rire (à l’inverse du Joker de Batman !).

Le temps passe, et Hubert 31-36 apprend que la princesse du royaume est une exception. Elle se permet de rire. Ni une ni deux, il se jure de la rencontrer ! A cela s’ajouter le procès du millénaire, opposant le roi Monsieur Joyeux à son frère Monsieur Fol espoir, pour haute trahison…

 

Bonjour Stéphane ! On commence fort : pourquoi un titre comme « L’homme sans sourire » ? Peut-on y voir une référence à Buster Keaton ?

Hello François. Maintenant que tu en parles, cela aurait pu, mais non.;)

 

Tu as réalisé cet album avec Stéphane Hirlemann au dessin. Je trouve que son trait se rapproche de celui des « Triplettes de Belleville ». Qu’est-ce qui t’a attiré dans son travail ?

J’avais envie d’un style baroque et fou, comme celui de Nicolas De Crécy. Quand Stéphane m’a contacté à la suite d’une annonce que j’avais publiée sur Facebook, j’ai tout de suite craqué. Je n’ai pas vu de prime abord le lien avec De Crécy, mais j’avais « Les triplettes » en tête. On était sur la même longueur d’ondes.

 

Tu as confié les couleurs à Véra Daviet, avec qui tu partages ta vie. Comment s’est passée votre collaboration ?

Très bien ! Véra a presque quinze ans de carrière et autant d’albums que moi à son actif. Elle a une palette et une sensibilité qui se prêtent bien à ce que je voyais.

 

Comment est née la couverture ? Elle m’a fait penser au film « Brazil » de Terry Gilliam. Est-ce volontaire ?

J’avais une idée très précise de ce que je voulais : la verticalité, le vertige, la chute, la peur de la mort. Donc un personnage qui tombe de haut. Cela a déjà été fait, donc c’était difficile de se démarquer. Nous avons même dû refaire la couverture en entier, car le premier jet évoquait trop aux gens une autre série. Compliqué…

 

Les plans sont souvent en plongée ou en contre-plongée. Y a-t-il une volonté de cadrage « cinématographique » dans la réalisation des cases ?

Tout à fait ! Ces notions de « haut » et de « bas » sont indispensables à l’histoire que je voulais raconter…. mais je m’arrête là pour ne pas spoiler !

 

Le héros, Hubert, est au départ très banal. Peux-tu nous en dire plus sur la création de ce personnage ?

En effet, je voulais un héros « neutre ». Sur la ligne, sur l’axe de la normalité. A la fois souriant et sans sourire. Ni trop haut, ni trop bas. Neutre. Et on apprend à la fin d’où vient cette neutralité…

 

Ce scénario ne méritait-il pas plusieurs tomes, ou un album plus long ?

Si on s’en tient à la première lecture, sur le thème de la lutte des classes par exemple, peut être… Mais la fin n’appelle clairement pas une suite. L’album se suffit, je pense, à lui-même. Il boucle sur lui-même, à l’infini…

 

Combien de temps a été nécessaire à l’écriture de cet album ?

C’est difficile à évaluer, mais c’était long. Plus que la plupart de mes autres albums, car les multiples niveaux de lectures étaient très compliqués à mettre en place. La structure est imposée par la fin, ce qui amène cette complexité. L’intime aussi a fait que cet album a été plus compliqué à écrire que d’autres bouquins. Comprendront pourquoi celles et ceux qui tiendront bon jusqu’à la fin. Il faut juste savoir que les difficultés de lecture que je fais endurer aux lecteurs-trices sont voulues. On comprend pourquoi, j’espère, au bout de l’histoire, qui n’est en fait qu’un nouveau début.

 

Merci !

Merci, avec plaisir !

 

 

En bref

Un one-shot
Auteurs : Stéphane Louis, Stephane Hirlemann et Véra Daviet
Editeur : Grand Angle


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McR a est un homme barbu mais pas méchant. Il a connu la préhistoire, et grâce à un accélérateur de particules, il a pu rejoindre la communauté.
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