Les Champ’S

Dans un futur alternatif plus ou moins proche, le monde tel que nous l’avons connu n’existe plus. Il est à présent peuplé de champignons…

Une grande quête attend nos héros Manit l’Amaniste, Chetrell la Chantebrelle et Vélou la Vesplosive : empêcher l’invasion des terribles Méchamp’S, qui dévorent tout sur leur passage !

Marcø, Gaga et Manu, les trois frères à l’origine de ce projet pas comme les autres, nous présentent une BD de fantasy « 100% fabriquée en Aveyron » !

 

Comment est né ce projet ?

Gaga : J’ai commencé à esquisser des personnages à l’allure de champignons sur les bancs de la fac en 2013. Puis une première planche. Autour d’un apéro, j’ai discuté de cette idée avec Manu. On s’est aperçu qu’il n’existait pas, à notre connaissance, d’histoires avec des champignons comme personnages principaux. Il m’a donc mis au défi d’écrire un scénario. Et s’il tenait la route, il me suivait dans le délire. Je l’ai donc l’écrit lorsque j’étais sur Rennes en 2015-2016. Par la suite, au vue de la charge de travail que comporte l’élaboration d’un tome, on a embauché Marc (alias Marcø) qui se charge maintenant des aplats de couleurs.

Manu : Comme l’a dit Gaga, tout a commencé autour d’un apéro ! En 2013, lorsqu’il m’a parlé de son projet, j’étais assez dubitatif. Puis, il m’a passé le scénario, et il m’a convaincu ! Cela faisait un certain temps que j’essayais de développer des projets BD, ça tombait à point nommé ! Il a fallu trouver d’abord un style graphique. Et les débuts des Champ’S étaient assez trash, comme le montrent les planches bonus à la fin du tome 1. On était parti sur une ambiance avec de la bouillie de Méchamp’S à tout va ! Puis mon style a évolué.

 

De gauche à droite : Marcø, Gaga et Manu !

 

« Trois frères, un projet »

Pouvez-vous présenter votre équipe ?

Le grand frère Manu, bien qu’ayant effectué une orientation dans le monde agricole, a voulu se mettre au vert en bifurquant vers le dessin. Il a donc perfectionné son humour agricole en dessinant des brebis au pied du Larzac dans l’Aveyron ! Gaga, passionné de petites bébêtes et de plantes, s’est orienté vers le domaine de l’écologie, dont il a fait son métier. Le dernier, Marcø, vient tout récemment de rentrer dans le projet en tant que « Maître aplatiste », qui s’occupe donc des aplats de couleurs !

Bref, les trois frangins sont passionnés de rock et de dessin depuis leur tendre enfance. L’aîné est habile de sa plume pour croquer tout ce qui bouge. Le cadet est habile de sa plume (aussi) pour se narrer tout le temps ! Le benjamin, habile de sa truelle, a trouvé sa place en plâtrant les planches ! La complicité, le dessin, les couleurs et les connaissances en écologie ont permis de démarrer une aventure loufoque dans le monde des champignons.

 

Vous avez créé toute une mythologie autour du monde des champignons. Etes-vous des passionnés de la nature ?

Gaga : Je travaille dans le domaine de l’écologie, dans le suivi des poissons d’eau douce, rien à voir avec les champignons ! Le point commun est que je suis sensible à mon environnement. Je regarde les espèces végétales et animales qui m’entourent lors de balades. J’ai commencé à approfondir mes connaissances sur les champignons lors de l’élaboration de ce projet, notamment en faisant régulièrement des excursions dans la forêt de Rennes. On y trouve pas mal d’espèces, dont une bonne partie que je ne connaissais pas, étant originaire du sud de la France, en Aveyron.

Manu : De mon côté, j’ai fait un BAC sur l’environnement avant de bifurquer dans le dessin. Mais je pense que la sensibilité autour de la nature vient aussi du fait que nous avons grandi dans un hameau de trente habitants à jouer dans la forêt un peu à la sauce « guerre des boutons » !

Le fait que nos parents soient agriculteurs (vignerons), a aussi appuyé sur le marqueur environnemental et le fait de préserver et de valoriser cette nature qui nous entoure. Notamment dans un département comme l’Aveyron, avec ses paysages prenants et où l’on compte plus de brebis que d’habitants ! D’ailleurs, notre fromage le Roquefort n’existerait pas sans la présence du célèbre champignon : le Penicillium roqueforti ! La boucle est bouclée !

 

Cette quête a un côté très fantasy, on pense notamment au « Seigneur des Anneaux ». Vous aimez ce genre d’univers ?

Gaga : Carrément ! Cet univers a bercé mon adolescence ! L’idée d’une quête avec une bande de potes a dû sortir de cet univers instinctivement ! Et comme précisé plus haut, les séries fantastiques des années 2000 y ont aussi contribué !

 

Les personnages évoquent parfois les humains, à travers des cauchemars par exemple. Est-il prévu de les faire rencontrer des humains ?

Gaga : Attention spoil ! Non je rigole ! Comme indiqué subtilement au début du tome 1, on se situe dans un des futurs possibles de notre planète, après qu’une énième guerre mondiale ait décimé l’espèce humaine. La nature a, en quelque sorte, repris ses droits !

 

Quelles sont vos influences en termes de dessins, de narration, d’humour ?

Gaga : Je baigne dans la BD depuis tout petit. Mes goûts se sont ensuite penchés sur l’heroic fantasy et la science-fiction lorsque j’étais adolescent. Les séries de Soleil (notamment « Lanfeust » ou « Trolls de Troy») et « Bone » m’ont vraiment marqué. Pour le côté humoristique, c’est peut-être le côté « Fluide Glacial » qui domine. On a également tendance à sortir pas mal de blagues / jeux de mots en famille, ça entretient également ce côté-là !

Manu : Comme Gaga, nous avons à peu près les mêmes lectures en BD, manga. Au lycée, je vouais un culte à Coyote (natif de l’Aveyron !) et son encrage. Il y avait aussi « Fluide Glacial » pour l’humour, et « Charlie Hebdo » pour son approche satirique de l’actualité. C’est certainement ce qui donne de l’épaisseur dans mon propre encrage. Mais cette partie lycéenne a été un réel déclic pour que j’en fasse ce métier et développe ce style.

Au cours de ma scolarité, beaucoup de dessinateurs m’ont appris le métier : Salim Kafiz, Reno Lemaire (« Dreamland »), Daf (caricaturiste et dessinateur de presse dans Midi Libre)…

Une fois le bac en poche, direction la fac à Toulouse pour rencontrer de nouveaux collègues qui m’ont également enrichi côté dessin. Pour les débuts des Champ’S, je connaissais également un autre célèbre aveyronnais : William Maury (« Les Sisters »). Il m’a orienté, guidé sur des planches pour la mise en couleurs notamment. Des conseils que j’espère avoir bien suivi ! Depuis, Wil’ est devenu en quelque sorte le parrain de notre BD. D’ailleurs, il nous a fait un clin d’œil dans une BD des « Sisters »… !

 

Quels ont été vos retours du public ? de la presse ?

Gaga : Avant d’avoir fini le premier tome, nous avons soumis des planches au tremplin BD de Luz’en Bulles en 2015. Nous avons reçu le prix des professionnels, ce qui nous a confortés pour continuer l’aventure ! Marcø a pas mal voyagé avec son travail et a présenté le tome 1 dans des librairies du Doubs et de Clermont-Ferrand. Dans l’ensemble, les retours ont été plutôt encourageants !

Manu : On peut même dire qu’en plus du prix des pros, nous sommes arrivés en seconde position à quelques voix près du prix du public ! Avant que la BD ne soit sortie, on avait aussi commencé à développer des goodies et des T-shirts. On avait déjà une demande aussi sur ces produits. Outre la BD des Champ’S, je pense que de base, les champignons ont en général « un capital sympathie » pour les gens ! Le fait de leur donner vie ne fait qu’accentuer ce sentiment.

Nous avons été relayés dans toute la presse papier locale et dernièrement sur France 3 Occitanie. Le fait d’être en auto-édition nous oblige à faire les démarches vers les différents médias car nous n’avons pas la même distribution qu’une maison d’édition classique.

 

 

La première BD certifiée «Fabriqué en Aveyron» !

Cet album est auto-édité. Vous revendiquez une production entièrement faite en Aveyron. C’est important pour vous ?

Gaga : On vit dans un milieu rural en Aveyron. Le fait d’y rester est un choix afin d’apporter un dynamisme culturel dans ce milieu et également des compétences, par les métiers que nous faisons. Il est important que le milieu rural attire de nouveau les nouvelles générations qui partent s’installer dans les grandes villes aux alentours. Le label « Fabriqué en Aveyron » contribue à faire parler des compétences locales et peut contribuer à en attirer d’autres. Enfin, étant donné le sujet des champignons, on parle indirectement de nature. Ça aurait été illogique de notre part de ne pas aller au bout de notre conviction, de limiter notre impact environnemental pour la conception de ce livre.

Manu : Nos parents étaient vignerons et vendaient directement leur production, du producteur au consommateur, nous avons conservé cette logique. Depuis quatorze ans, je suis revenu après mes études au pays, comme on dit, pour y développer mon activité méconnue en zone rurale et c’est devenu en quelque sorte un fer de lance propre à mon entité.

Nous souhaitons aussi relocaliser pour redynamiser le secteur de l’imprimerie, qui subit les frais d’internet. En effet, la proximité avec nos imprimeurs nous permet de nous satisfaire à notre échelle de maintenir un savoir-faire. Et pourquoi pas, par la suite, redévelopper tout un chaînon, du papier au livre en passant par l’imprimerie et le dessin !

Après, l’idée n’est pas de nous enfermer dans notre département. Notre BD est vendue et lue en dehors de ce département. Nous nous déplaçons pour la faire connaître de festival en festival. Mais si l’initiative de relocaliser botte d’autres auteurs chez eux, tant mieux ! Car c’est vrai que ça me fait bizarre chaque fois que je lis un livre et que je constate qu’il a été imprimé à l’autre bout du monde. Je ne vois pas l’intérêt étant donné la qualité des imprimeurs que l’on a chez nous, en France. On en revient toujours à notre attachement à la nature et l’impact que ce transport à travers le monde a comme impact sur l’environnement.

 

Où peut-on se procurer vos albums ?

Gaga : Nous ne sommes pas affiliés à un réseau de distribution. De ce fait, on fait du dépôt-vente dans certaines librairies du coin : Librairies Caumes des Livres et Syllabes à Millau et Le Progrès à Saint-Affrique, dans le Doubs (Pontarlier). Nous sommes également présents à Clermont-Ferrand et Paris. J’ai aussi déposé un stock sur Rennes qui est géré par des amis ! Ça évite les frais d’envoi pour ceux qui sont dans le coin.

Sinon, il est possible de commander le tome 1 sur notre site internet ou sur BDfugue.

Manu : Sur notre site, on peut accéder à la boutique en ligne, mais également voir nos dates concernant les dédicaces en festival, marchés, … On est aussi en train de mettre à jour les librairies qui nous diffusent. Par rapport à la liste de Gaga, on pourra également en rajouter une nouvelle à Elven du côté de Vannes. Je suis également référencé sur le site d’Opale BD pour me suivre sur les festivals.

 

A quand la suite ?

Gaga : L’histoire complète est écrite pour cinq tomes. Le tome 2 est en préparation, il devrait sortir pour le début de l’année, au printemps au plus tard ! Tout dépend du rythme de Manu | ED-H |et Marcø ! :-p

Manu : Oui ! Je suis dessus ! D’ailleurs, j’y retourne !! Ah ? Y’a encore une dernière question ? Okay… et après j’y go !

 

Avez-vous d’autres projets sur le feu ?

Gaga : J’ai fait une pause sur le scénario. En ce moment, je suis sur la création de jeux de société. Mais j’ai une petite idée pour un éventuel préquel de l’histoire. J’ai le temps devant moi avant que les autres tomes sortent ! Allez, bisous !

Manu : De mon côté, j’ai pas mal de boulot dans la création illustrée, … Mais je viens quand même de finir en parallèle un livret BD pour le sénateur de l’Aveyron Alain Marc. Ce guide s’appelle « Sénat, mode d’emploi ». Rien à voir avec de la BD humoristique, fantastique… mais cool à faire aussi ! Ce livret a une vocation ludo-éducative : expliquer à quoi sert le Sénat et quel est le rôle du sénateur.

Mais sinon, on se donne rendez-vous au printemps prochain pour découvrir le tome 2 des Champ’S !

 

Envie d’en savoir plus ? Rendez-vous sur : https://croc-s.fr !



En bref

Série en cours (1 tome paru)
Auteurs : Marcø, Gaga et Manu
Editeur : Croc(s Editions


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BennyB

Co-fondateur de la Loutre Masquée, il est né en 1743, un samedi. Son but dans la vie : rendre le monde meilleur, avec des sites internet à base de loutres. Et il trouve que Spirou a vachement plus la classe que Tintin, quand même.
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