Minus

Minus, une BD ovniesque en marge de la production actuelle. Un must have magnifiquement mis en image par Rica (E dans l’eau). Une BD sale à l’ambiance moite voire carrément poisseuse. Cette BD n’est pas à mettre entre toutes les mains, je vous aurai prévenu alors après ça ; ne venez pas vous plaindre…

Couverture de Minus par Rica chez Durgstore

  • Titre : Minus
  • Auteur : Rica
  • Editeur : Drugstore (Glénat)
  • Sortie : Janvier 2012

 Pitch : Attention, c’est sale…

Au bureau, Minus ne fait pas de zèle. Pistonné et improductif, il lui arrive même de se demander si quelqu’un fait pour lui le travail qu’il ne fait jamais… C’est un peu ça de bosser dans un bureau ; ne rien faire et surtout, ne rien dire pour que personne ne se rende compte que tu ne fais rien. Hors du bureau, Minus partage son temps entre ses quatre passions : la masturbation,  les plans culs d’un soir, faire chier le voisin et les beuveries avec ses collègues. Il y a bien Virginie « La nana que tous les mecs se rêvent au bureau » ; mais comme elle semble bien, évidemment, il préfère pas trop s’en approcher. Minus est donc un connard, baiseur, immoral, cynique et bon à rien. Joli portrait non ?

Et pourtant, jusqu’ici, tout va bien…

Un jour, Minus tente une nouvelle expérience. Celle d’une poupée sexuelle ultra réaliste et customisable, après ça, plus rien n’est pareil. Très vite, soumise à tous ses fantasmes, malmenée et martyrisée cette poupée consume notre « héros » et démultiplie sa soif de sexe et de sadisme. Désormais débridé il se tape tout ce qu’il est possible de se taper, au bureau comme dans les bars. Jusqu’au triste jour où il confond poupée et partenaire sexuelle et franchir la limite qui sépare l’homme de l’animal. S’en suit alors une longue descente aux enfers…

Mon Avis : C’est sale… et j’ai aimé

Il y a, depuis deux ou trois ans, une vraie vague de BD pornos et érotiques qui déferle sur le marché. Il serait facile de rapprocher Minus de cette vague X. Pourtant, si dans cette histoire le sexe est très présent il n’en est certainement pas le sujet principal. Ici, c’est plutôt de décadence, de déchéance ou encore d’immoralité et de perdition dont il est question. Ou comment un connard de la pire espèce peut-il réussir à tomber encore plus profond que le gouffre dans lequel il avait déjà sombré ?

Au-delà du sujet traité, il y a le dessin et derrière cette magnifique couverture verte et rouge se cache un bijou en noir, blanc, gris au trait inspiré par Charles Burns. De Rica, j’avais déjà adoré E dans l’eau publié il y a quelques années de ça chez Drugstore. J’avais alors accroché à son trait un peu rétro et surtout à ses couleurs. J’ai donc, dans un premier temps, été un peu déçu de voir que cet album était en noir et blanc. Mais la déception n’a été que de courte durée. Minus est une espèce d’OVNI dans les rayons BD du moment jusque dans sa conclusion qui m’a d’abord déstabilisée, déçue, puis finalement fait me demander si ce n’était pas justement ce à quoi je ne m’attendais pas… Jusqu’à la fin ce mec reste détestable.

The following two tabs change content below.
Avatar

Morgan Delépine

Avatar

Derniers articles parMorgan Delépine (voir tous)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Un commentaire sur "Minus"