« Les chimères de Vénus » : interview d’Alain Ayroles et Étienne Jung à Quai des Bulles


Ecrit par BennyB le 05 décembre 2023

Après « Le château des étoiles », voici les « Chimères de Vénus » ! Le scénariste Alain Ayroles et le dessinateur Étienne Jung nous emmènent très loin dans leur univers rétro-futuriste. On voyage dans la jungle à dos de dinosaures et on explore les abysses à bord de sous-marins. De la grande aventure !

Nous avons eu la chance de rencontrer les deux auteurs au festival Quai des Bulles. Séance interview !

 

L’an dernier, nous avions réalisé une interview d’Alex Alice, autour de sa série « Le château des étoiles ». Il nous avait dit être très content que vous réalisiez une série parallèle dans le même univers. Comment s’est passée votre rencontre ?

Alain Ayroles : Quand Alex a eu l’idée du « château des étoiles », il m’avait d’abord proposé d’écrire le scénario. A ce moment-là, je n’étais pas disponible, il s’en est donc chargé. On a beaucoup échangé tout au long du projet. Je me suis familiarisé avec cet univers que j’ai adoré. Quand il m’a proposé de travailler sur un « spin-off », j’étais très vite emballé.

Il voulait faire un récit sur chaque planète du système solaire. J’ai rapidement posé une option sur Vénus. Dans la réalité de l’époque, Vénus était peuplée de dinosaures. Cela m’a beaucoup interpelé… Chose sur laquelle Étienne est moins enthousiaste !

Étienne Jung : Bon, j’ai fait avec ! (rires)

Alain Ayroles : Quand il a fallu trouver un dessinateur. Alex m’a tout de suite parlé d’Étienne. C’est un fan hardcore de son travail. Son dessin correspond bien à cet univers. Il est très différent de celui d’Alex, qui est davantage dans l’aquarelle. Mais on y trouve la même poésie, le même sens du merveilleux.

 

Justement, c’est un beau pari de faire une série dans le même monde tout en proposant quelque chose de très différent !

E.J. : Il n’y avait aucune obligation de suivre un style graphique d’une série à l’autre. Cela n’aurait pas eu d’intérêt de faire la même chose, et on aurait été encore plus comparés. Les fans du « Château des étoiles » ont été très désarçonnés. Ceux qui ne connaissaient pas la série initiale n’ont pas eu de problème.

A.A. : Nous échangeons encore régulièrement avec Alex au sujet de la cohérence et de la crédibilité de l’univers : est-ce que telle machine peut fonctionner ? Tel vaisseau est-il soumis à la gravité dans telle situation ? Beaucoup de débats scientifiques très pointus sur du grand n’importe quoi ! (rires)

 

Le choix de Vénus est intéressant car elle a plusieurs significations. C’est une jumelle de la Terre et c’est aussi la déesse de l’amour.

A.A. : Quand j’ai commencé à écrire l’histoire, c’est apparu comme une évidence que le personnage principal devait être féminin. Tout comme l’utilisation du versant mythologie de Vénus avec la déesse de l’amour. De plus, l’histoire se déroule à l’époque du Second Empire. Qui dit Vénus dit « La Belle Hélène » et Offenbach. Cette héroïne est donc devenue une actrice de cet opéra bouffe. Tout se rejoint !

Même si on est dans un univers fantastique, j’essaie de toujours garder un certain réalisme par rapport au contexte du XIXe siècle, pour ancrer cette science-fiction dans le réel.

E.J. : Personnellement, je ne suis pas fan de science-fiction. Si le but est simplement d’enchaîner des images spectaculaires, on s’en lasse très vite. C’est avant tout un cadre pour créer des personnages et les faire évoluer. Ici, c’est intéressant car les personnages ont tous des motivations très différentes, c’est ce qui fait le sel de l’histoire. Ils ont un potentiel incroyable !

A.A. : Pour que ces personnages soient crédibles, il faut les rattacher au contexte historique de l’époque. Je me suis vite rendu compte que cela allait être compliqué de faire vivre des aventures à cette héroïne. La société était très patriarcale. Hélène doit se battre contre des obstacles sociétaux pour pouvoir vivre des aventures en autonomie, ce qui n’aurait pas été le cas pour un personnage masculin. Le récit a donc naturellement pris une couleur féministe !

 

Dans le deuxième tome, on fait la connaissance des Sargasses, des créatures qui vivent sur Vénus. Qui a eu cette idée ?

A.A. : Nous avions cette idée d’une forme de vie extra-terrestre assez étrange, un peu humanoïde mais pas anthropomorphe. Dans le troisième tome, on va découvrir d’autres facettes plus inquiétantes de ces créatures…

E.J. : Au début, on les découvre comme des esclaves, puis on se rend compte qu’elles ne sont pas si dociles.

 

Comment concevez-vous le design des vaisseaux ?

E.J. : Alex Alice a modélisé un modèle 3D de l’Excelsior. C’était assez rudimentaire mais cela permet de tourner autour et d’appréhender les volumes. Il m’envoie régulièrement des croquis et cela m’aide beaucoup. Pour le sous-marin du deuxième tome, c’était plus simple, un modèle 3D n’a pas été nécessaire. Il faut toujours garder une distance par rapport au modèle, conserver une part de liberté et de créativité.

A.A. : Il y a un gros travail de design sur ces albums car tous les lieux et véhicules n’existent pas vraiment, il faut tout imaginer. Par contre, certains éléments qui ont l’air fantaisiste ne le sont pas tant que ça. Dans le premier tome, il y a un monorail à vapeur qui navigue sur la canopée vénusienne. Il a vraiment existé à la fin du XXe siècle, c’est assez dingue !

 

Pour quand est prévu le tome 3 ?

A.A. : Nous travaillons dessus. C’est difficile à estimer, mais il devrait sortir début 2025 !

 

Hâte de découvrir la suite ! Merci Messieurs et longue vie aux « Chimères de Vénus » !

 

 

 

 



En bref

Série en cours (2 tomes parus)
Une BD de : Alain Ayroles et Étienne Jung
Édition : Rue de Sèvres


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BennyB

Co-fondateur de la Loutre Masquée, il est né en 1743, un samedi. Son but dans la vie : rendre le monde meilleur, avec des sites internet à base de loutres. Et il trouve que Spirou a vachement plus la classe que Tintin, quand même.

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