« Texas Jack » : interview de Dimitri Armand à Quai des Bulles


Lorsque tout se gâte, il est parfois nécessaire de faire appel au meilleur… et donc à Texas Jack !

Le gouvernement a besoin de Texas Jack pour contrer Henry Saul, qui assassine tout ce qu’il trouve sur son passage. Mais Texas Jack n’est ni un tueur, ni un tireur d’élite : il est à la tête d’un cirque ! Il doit donc partir avec toute sa troupe en vue d’arrêter Henry. Que le spectacle commence !

Après les séries « Angor » et « Sykes », on retrouve Dimitri Armand dans ce western avec Pierre Dubois au scénario.

Qu’est-ce que cela fait de travailler avec une légende comme Pierre Dubois sur un album ?

La rencontre avec Pierre s’est faite grâce à notre éditeur commun au Lombard. L’idée était de mettre un scénariste expérimenté avec un jeune dessinateur. J’étais vraiment content qu’il me propose cela car je sortais juste de la réalisation d’« Angor ». J’ai fait quelques essais et je me suis éclaté.

« Sykes » puis « Texas Jack », comment se passe vos échanges sur ces projets ?

Pierre n’a pas forcément un accès régulier à internet et son scénario était manuscrit. Il a tendance à écrire comme une nouvelle, et pas comme un scénario de BD. J’ai dû faire du découpage, tout séquencer. Au départ cela m’a fait extrêmement peur, je n’étais prêt pour cela.

Mine de rien quand « Sykes » est sorti, cela faisait six ans que j’étais sur le dessin. Je finissais « Angor » et j’avais commencé « Bob Morane » en parallèle. Sur cet album « Texas Jack », je découpe et Pierre me fait totalement confiance. Je travaille les planches, je les envoie à mon éditeur et il les adresse à Pierre.

Comment se dessine la brutalité dans les scènes de western ?

Cela m’amuse réellement. La violence n’est pas gratuite, elle est vraiment là pour poser les personnages. Cela me vient naturellement, je ne sais pas si cela est rassurant pour moi !

Certains personnages ont des regards étranges.

En effet ! Pour Saul Henry, le méchant, j’ai eu envie de lui faire un truc extrêmement distinctif. J’ai voulu lui donner les yeux des seigneurs Sith dans « Star Wars » ! Cela donne un personnage inquiétant.

Il est mandaté pour arrêter Gunsmoke.

Texas Jack est un héros de cirque, mais par contre il a des histoires qui sont relayées dans la presse. Il a terrassé les méchants de certains territoires et, du coup, pour les gens, c’est un vrai héros !

C’est un très bon tireur, mais qui tire sur les assiettes ! Donc de là affronter les vrais malfrats… Il ne l’a jamais fait, pourtant ces exploits sont racontés.

Les affrontements dans le western sont-ils difficiles à dessiner ?

C’est un cadre que j’aime bien, Le western ici est fantasmé, il y a un côté « Tintamarresque ». On joue la surabondance de sens, c’est intéressant. En BD les images sont fixes, donc il faut montrer la brutalité graphiquement. Je trouve que c’est un truc plutôt intéressant.

Comment se passe le découpage ?

Pierre me laisse assez libre. Par exemple, il a écrit : « Les héros sont stupéfaits et se regardent en chien de faïence ». Cela peut être une seule case où tout le monde se regarde. Mais moi je peux décider d’en faire une page entière. Cela permet de présenter les personnages un par un visuellement.

De même, la chance que j’ai, c’est qu’au Lombard, on me laisse gérer tout le graphisme de façon autonome.

Les western ont le vent en poupe ?

Oui, il y a un engouement nouveau pour le western que l’on avait déjà connu avec « Sykes ».

Comment se prépare ton dessin ?

Je travaille en traditionnel sur une grande feuille pour mon crayonné. Ensuite je l’encre, puis je scanne mon encrage. Je fais les couleurs ensuite sur l’ordinateur en numérique.

Combien de temps faut-il pour ce beau projet ?

Ce livre fait 120 pages, donc il m’a fallu à peu près un an et demi, sachant que c’était beaucoup trop. Je ne vais jamais sacrifier la qualité de mes pages, donc je sacrifie mon sommeil.

Y a-t-il eu des difficultés particulières ?

J’ai surtout appréhendé le dessin des chevaux et de leurs mouvements… et vu que c’est un western il y en avait partout !

Et puis devons nous évoquer la fin de l’album ?

Avec l’autorisation de Pierre, nous avons réécrit la fin, car elle était beaucoup plus brutale et plus expéditive.J’ai donc réalisé une double page, qui rend la fin plus forte narrativement et graphiquement.

Voici donc un western rondement mené à lire de toute urgence ! Merci Dimitri !

En bref

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Auteurs : Dimitri Armand et Pierre Dubois
Editeur : Le Lombard


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McR

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McR a est un homme barbu mais pas méchant. Il a connu la préhistoire, et grâce à un accélérateur de particules, il a pu rejoindre la communauté.

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