Success Story : interview de Nico Cado !


Ecrit par BennyB le 13 novembre 2025

Voilà une BD qui n’a pas eu le succès qu’elle mérite. Paradoxal quand on a pour titre « Success Story » !

On y découvre deux « généalogistes successoraux », Jeanne et Angelo, en couple à la ville comme au travail. Quand ils découvrent au cœur de Paris un appartement resté fermé depuis 1942, ils décident de partir à la recherche des héritiers et de leur histoire. C’est le début d’une grande enquête à travers plusieurs pays !

Rencontre à Quai des Bulles avec le sympathique dessinateur Nico Cado, qui nous parle de cet album très réussi, parfait dosage entre l’aventure feel-good et l’émotion !

 

Bonjour Nico ! Lors de notre précédente interview pour l’album « Highland Games » avec le scénariste Fabien Grolleau, vous nous aviez dit que « l’association “Grolleau – Cado” sonne super bien, on ne peut pas s’arrêter là ! ». Cela fait donc plaisir de vous revoir tous les deux sur un nouvel album !

C’est clair, avec un jeu de mots pareil, on pouvait pas en rester là ! A la suite de « Highland Games », on cherchait une idée de nouvelle BD. De mon côté, j’avais envie de faire des choses autour des voyages dans le temps. Mais bon, cela a déjà été traité maintes fois, on savait pas trop où aller. Il se trouve qu’avec ma compagne, on reçoit un ami à la maison qui a une vie multiple et recomposée. A ce moment-là, il reprenait des études pour devenir généalogiste successoral. Il nous explique en quoi ça consiste, avec plein d’anecdotes incroyables, et on réalise que c’est une fabuleuse source d’histoires !

J’en parle à Fabien, et c’est parti. Il a eu la sympathie et l’intelligence de s’approprier le sujet et d’en faire une belle histoire !

 

Comme dans votre album précédent, on retrouve une ambiance « feel-good » avec un couple de héros très positifs.

Ils sont un peu chiants des fois aussi ! Ils aiment bien se crêper le chignon pour mieux se retrouver après. On ne le dit pas tout de suite, mais c’est un couple qui travaille ensemble. Donc, malgré tout, ils s’adorent !

 

Au niveau des dessins, on sent une influence de la BD franco-Belge, très Tintin.

Ha mais je le prends complètement, et ce n’est pas du tout péjoratif. Je viens de là, c’est la BD que j’aimais quand j’étais jeune. Après, on ouvre ses envies, il y a aussi d’autres influences. Pour le personnage d’Angelo, on s’est inspiré d’Alain Rey, le rédacteur en chef des publications des Dictionnaires Le Robert qui passait régulièrement à la télévision. C’était une espèce de petit savant fou ! Concrètement, on voulait faire un truc à la « Chapeau melon et bottes de cuir », « Amicalement vôtre », ou « L’amour du risque ». D’où le chapeau melon sur la couverture !

 

Et en même temps, il y a aussi un côté très émouvant.

Oui, quand on part à la recherche des origines de certaines personnes, l’axe de l’émotion s’impose naturellement. On traite de la vie des gens, on cherche à être juste sans pour autant aller du côté larmoyant ou plaintif. On ne cherche pas non plus à être forcément hyper drôle à tout prix. C’est un entre-deux, comme la vie quoi !

 

Dans cette aventure, on voyage dans plusieurs époques mais aussi plusieurs pays. Vous avez étudié les différentes architectures et les paysages pour les dessiner ?

Je me base la plupart du temps sur  mes souvenirs, comme pour le Canada où j’ai vécu, et aussi sur ce que j’imagine. J’ai fait quelques recherches, par exemple sur Venise, parce que j’y suis jamais allé. Pour les Cévennes, que ce soit Fabien ou moi, on adore cette région donc on en a tous les deux des souvenirs. Et pour l’Ukraine, on n’y est jamais allé, mais c’est un peu un truc fantasmé aussi. Si vous tapez « maison traditionnelle ukrainienne » sur Google, vous ne trouverez que des photos de ruines. Donc on compose pour aboutir à ce qui nous semble être le plus proche.

 

Y a-t-il des histoires vraies dans l’enquête des héros ?

C’est un cumul d’histoires vraies. Avec son talent d’écriture, Fabien a condensé plusieurs pistes, mais l’histoire de départ est vraie : un appartement qui est fermé depuis très longtemps et qui a été réouvert pour une enquête. C’est David, notre ami généalogiste qui a fait la préface, qui nous a raconté ça. Dans cet appart, il a trouvé une pièce secrète, avec une clé qui ouvrait un placard. Et là, il y avait, je sais pas, 30 ou 40 boîtes. Dans ces boîtes, il y avait une clé, un bijou et un sac à main. Le mystère n’a jamais été résolu. Qu’est-ce que c’était ? Qu’est-ce que ça ouvrait ?

David travaille chez ADD Associés, la plus grosse boîte parisienne de généalogistes. Il est même un des protagonistes d’une série télé sur les généalogistes qui a été diffusée le dimanche sur TF1, « Héritiers Inconnus ». Il y a trois saisons. Tout est probable. On a tout vérifié !

 

 

Avez-vous d’autres projets à venir ?

Oui, avec Fabien, on va partir sur une série jeunesse avec des personnages animaliers. Comment résumer ça… On va faire un mix entre la jeunesse de Robin des Bois et les films de kung-fu !

On travaille aussi sur des projets pour Fluide Glacial. Ils ont sorti un album pour leurs 50 ans et on est dedans. Fierté absolue !

 

Vous l’aurez compris « Success Story » est une BD qui fait du bien, à découvrir d’urgence ! Merci Nico et à bientôt !



En bref

Un one-shot
Une BD de : Fabien Grolleau, Nico Cado
Édition : Delcourt


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BennyB

Co-fondateur de la Loutre Masquée, il est né en 1743, un samedi. Son but dans la vie : rendre le monde meilleur, avec des sites internet à base de loutres. Et il trouve que Spirou a vachement plus la classe que Tintin, quand même.

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