
Ecrit par McR le 10 décembre 2025
Rien ne va plus dans la basse-cour ! Le taureau Silvio a mis en place une dictature sans faille où tous les opposants sont occis ! Mais le temps fait son œuvre et la révolution est en marche….
Une question reste en suspens : Peut-on s’opposer à la violence quand on est pacifiste ? La basse-cour va battre son plein !
Au festival Quai des Bulles, le dessinateur Félix Delep est venu nous présenter le dernier opus d’une saga incroyable !
Nous voici au bout de six ans d’une aventure incroyable avec le scénariste Xavier Dorison ! Comment s’est passée votre première rencontre ?
Tout ceci est très lié à mon école d’art. Il était mon professeur à l’école du scénario. J’avais bien vu que c’était un gars très sympathique. Dans la suite de mes études, j’ai rencontré un ami qui m’a mis le pied à l’étrier sur une histoire courte au journal de Spirou. Ce récit animalier est tombé entre les mains de Martin Zeller chez Casterman qui m’a dit que cela pouvait correspondre au projet que Xavier avait dans son tiroir.
On s’est rencontré, j’étais ravi car je connaissais son travail et j’aimais beaucoup l’humain. J’ai fait un test : la planche 3 du tome 1, l’exécution de la poule Adelaïde suite au crime d’avoir gardé son œuf au lieu de le donner à Silvio et à sa cour. De là démarre l’aventure !
Avez-vous accroché dès le début au scénario ?
Oui ! Depuis tout petit, j’adore dessiner des animaux. Et puis il faut dire que c’est passionnant : il y a cette ferme qui met en relief Silvio le dictateur et Marguerite la résistante. D’autres personnages ne veulent pas du tout se mêler de toutes ces histoires politiques et préfèrent garder un profil bas, c’est le cas de Miss Bengalore. Marguerite va alors convaincre ses amis de se bouger… et on s’embarque alors dans une vraie révolution !
La révolution se mène ici sans violence. C’était important pour vous ?
Bien évidemment ! Cela montre que même lorsqu’on est petit, on peut s’entraider. Cela m’a fait penser à un titre de Popovic : « Comment faire tomber un dictateur quand on est seul, tout petit et sans arme ». En vérité, toute la trame politique de la BD est dans le titre de ce livre. Dans ce monde d’animaux, il faut résister à la violence mise en place dès le premier tome. Silvio est omniprésent et quiconque s’oppose à lui sera réprimé. Mais les animaux veulent trouver un moyen de lutter sans violence.
Cette violence est-elle difficile à illustrer ?
En effet, cela peut s’avérer assez compliqué. Je me souviens surtout d’un exercice de style : je voulais que la scène de torture soit la plus réaliste possible… alors j’ai regardé en boucle des images d’animaux disséqués !
Y a-t-il des dessins, des planches que vous avez particulièrement aimé réaliser ?
J’ai adoré mettre en scène la relation de Miss B. avec sa fille. J’ai essayé d’utiliser ses couleurs pas trop fortes afin de mettre un peu de douceur là-dedans. La fin baigne dans une atmosphère ensoleillée et chargée d’humidité. Lourde mais lumineuse à la fois, un vrai paradoxe !
Nous sommes heureux de cette série qui aura duré dans le temps !
Un grand merci !
En bref
Série terminée (4 tomes)
Une BD de : Félix Delep, Xavier Dorison
Édition : Casterman
McR
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