
Ecrit par BennyB le 20 novembre 2025
Envie d’apprendre comment invoquer un démon pour réchauffer le thé, voler dans les airs ou faire de la lumière ?
« Goupile la sorcière » est une série jeunesse géniale qui mêle fantasy, enquêtes et humour.
Son autrice Milena nous raconte tout ça !
Bonjour Milena ! Qu’est-ce qui vous a donné envie de raconter cette histoire ?
J’aime beaucoup la fantasy, la magie, les sorcières, les dragons, la chevalerie. J’avais envie de créer un univers cohérent autour de tout ça. J’aime aller voir des expos autour de l’univers du Moyen Âge, notamment tout ce qui est tapisserie. Dans « Goupile », on retrouve des dragons appelés « Drakos », dont le design est justement inspiré de ces tapisseries.
Je me suis également inspirée de contes bretons autour des rochers pour créer ma propre histoire. J’ai juste retiré le côté religieux de ces contes. Suite à mes précédents albums, j’avais aussi très envie de créer des personnages animaliers. Donc, c’est un mix de tout ça, j’ai essayé de rassembler plein de choses que j’apprécie.
J’ai beaucoup aimé la façon de communiquer avec les Drakos, le fait de leur parler en changeant la police de caractère, comme si c’était une langue étrangère.
Oui, cette idée vient des récits ésotériques. J’aime bien le fait qu’il faut s’adresser d’une certaine manière à une entité, qui acceptera de répondre uniquement à telle ou telle personne. Par exemple, dans le tome 2, pour appeler le Horla, il faut l’appeler trois fois, un peu comme Beetlejuice. Je joue beaucoup aux jeux de société, donc j’aime mettre en place ce genre de petites règles, ça enrichit l’univers l
Les albums évoquent beaucoup les problèmes de communication entre les gens, les incompréhensions, les malentendus qui peuvent aboutir à des conflits.
J’ai toujours un peu de mal à définir la thématique de « Goupile », mais j’ai l’impression que c’est un peu ça : parler et ne pas rester sur des croyances. On parle des préjugés,des interprétations, de penser à la place de l’autre.
On retrouve cela à tous les niveaux, que ce soit les sorciers entre eux, ou alors cette romance incomprise entre Louarn et Goupile.
Mon éditrice n’a pas forcément été d’accord avec l’idée d’intégrer une romance dans le récit, parce que cela faisait un peu cliché. J’ai insisté parce que je trouvais que c’était intéressant de montrer un personnage féminin vulnérable mais aussi émotionnel, qui peut devenir colérique. Je me suis moi-même un peu reconnue là-dedans, quand j’étais un peu plus jeune et sujette au stress au moindre échange de regard avec quelqu’un. Je me suis dit que les enfants pouvaient s’y reconnaître, peut-être les adultes aussi.
Louarn est amoureux de Goupile, mais il n’accepte pas non plus qu’elle le traite mal et ne se laisse pas faire. J’aime bien montrer que même si on est amoureux, on n’accepte pas tout non plus. Cette romance n’est pas mièvre, d’autant plus qu’elle n’est pas centrale dans le récit.
Comment choisissez-vous les animaux pour chaque personnage ?
J’ai fait exprès de prendre le mot « goupil », qui est à la base le nom du Moyen Âge pour dire renard. C’était un clin d’œil au « Roman de Renart ». J’ai choisi un renard parce que je voulais que les sorciers et sorcières soient des animaux dits « nuisibles ». Par exemple, mon grand-père vient de la campagne et pour lui, il faut tuer les renards, sinon il n’y a plus de poules. Pareil pour les blaireaux.
Au fur et à mesure que j’écrivais, je me suis rendu compte que c’était dommage parce que ça voulait dire que seuls des carnassiers, des prédateurs, pouvaient devenir sorciers et sorcières. Cela rappelait les classes sociales qui ne se mélangent pas. J’ai donc corrigé cela dans le tome 2. J’ai par exemple ajouté un cochon sorcier ou une vache sorcière. C’est mon animal préféré, elle est bien badass et elle fait de l’alchimie !
Maître Melvin m’a fait penser à Gandalf du « Seigneur des Anneaux ». Quelles sont vos influences en termes de fantasy ?
Oui, je suis inspirée par beaucoup de films et de romans. Et par les jeux vidéo aussi ! Quand j’ai conçu l’armure magique du tome 2, j’étais dans la vague « Elden Ring » et « Dark Souls », je me suis inspirée un peu des designs. Je ne voulais pas non plus que ça parte en énorme dark fantasy, mais il y a un peu cette influence de chevalier qui se bat contre un dragon. C’était l’imagerie que je voulais donner à l’histoire.
Il y a aussi la magie qui réside dans la terre et qu’on peut s’approprier, qui m’a rappelé la Force dans « Star Wars ».
Oui, c’est vrai, je n’y avais pas pensé. J’avais noté ce concept dans mes carnets, mais je ne pensais pas en parler dans la BD. Et mon éditrice m’a dit que ce serait intéressant de l’expliquer. Et c’était une bonne idée, car quand je faisais des interventions scolaires pour le tome 1, tous les enfants me posaient des questions par rapport à ça. J’y ai donc répondu dans le tome 2, ainsi qu’à toutes les questions des petits lecteurs qui voulaient savoir d’où venait la magie ou pourquoi Goupile fait bouger les feuilles.
Comment se passent ces interventions en milieu scolaire ?
J’utilise « Goupile » pour parler de mon travail aux enfants et montrer mes planches, parce que je dessine en traditionnel. Même s’ils n’ont pas lu la BD, ce n’est pas grave. Je leur montre les pages finies et toutes les étapes nécessaires. Et après, on fait une activité, où je leur apprends à créer une histoire avec un petit personnage qu’ils ont créé. Ils ont de super bonnes idées ! Je trouve que c’est plutôt chouette. Cela fonctionne du CE1 jusqu’à plus grand. J’ai aussi déjà fait ce genre d’activités avec des adultes.
Moi, j’ai beaucoup aimé les chats bavards.
Ha, ça tombe bien ! Je vais justement faire un spin-off avec les chats bavards, au format italien, où on découvrira ce qu’ils font sur leur bateau juste après le tome 2 !
Avez-vous d’autres projets ?
Oui, je prépare une autre BD qui n’a absolument rien à voir. Ce sera de la science-fiction pour adulte, du space opera, un peu. Ça change complètement, ça me challenge beaucoup. Ce que j’aimerais faire, c’est de la jeunesse et de l’adulte, être polyvalente !
On a hâte de découvrir ça ! Merci Milena !
En bref
Série terminée (2 tome parus)
Une BD de : Milena
Édition : Les éditions de la Gouttière
Acheter cette BD sur le site de la librairie Critic !BennyB
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