La légende des Stryges : interview de Nicolas Bègue !


Ecrit par BennyB le 12 novembre 2025

Tremblez, les Stryges sont de retour ! Si on a découvert dans « Le chant des Stryges » que ces créatures mythologiques contrôlent les puissants de ce monde, préparez-vous à des révélations ! En effet, cette nouvelle série commence sur un terrain de fouilles archéologiques dans l’Egypte du XIXe siècle… Rencontre avec le dessinateur Nicolas Bègue !

Bonjour ! Comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?

Je travaille avec le scénariste Eric Corbeyran depuis 2007. Depuis cette date, on sort régulièrement un album ensemble. Cela a commencé chez Glénat avec « Clos de Bourgogne » et « Le ravageur », puis chez Delcourt avec les deux premiers tomes de « Hérauts » puis « Le nom d’Amalek ». C’est donc lui qui m’a proposé de participer à ce nouveau projet.

 

Connaissiez-vous alors la série « Le chant des Stryges » ?

Pas du tout, j’avais lu un ou deux albums quand j’étais petit, au début des années 2000. J’ai donc eu la chance de tout découvrir d’un coup. Quand Eric m’a demandé si ça m’intéressait, j’ai tout de suite accepté. Delcourt m’a fait parvenir une grosse partie des albums. J’ai tout lu d’un coup et c’était un vrai régal. Surtout quand on sait qu’il y a eu presque 20 ans entre le premier et le dernier, et que des gens ont attendu un an entre chaque album !

 

Cette nouvelle série se situe en 1869. Comment avez-vous créé les costumes, les calèches et les décors ?

De façon générale, j’aime beaucoup les costumes d’époque, même si personnellement, mon dada c’est le Moyen Âge. Là, il y a des costumes incroyables et l’action se situe principalement à Paris. J’ai décidé de ne pas trop idéaliser cette époque, de rendre un truc un peu crade.

En amont de chaque bande dessinée, je réalise un travail de documentation. Cette fois, c’était assez facile car la photographie apparaît à cette période. On trouve beaucoup de photos et de cartes postales de l’époque. Notamment des photos du Louvre, en très mauvaise qualité, où l’on découvre qu’il y a eu un parc ou une statue qui n’existent plus aujourd’hui. C’était assez intéressant.  Et après, ça reste sujet à interprétations. Certains bâtiments existent encore et sont dans le même état, donc c’est assez pratique.

 

Au niveau de l’histoire, avez-vous pu apporter des idées, ou tout était déjà écrit ?

Eric avait déjà tout écrit. « Le chant des Stryges » s’est arrêté en 2018, mais il a continué à imaginer des nouvelles histoires qu’il a transposées à d’autres époques.

 

T’a-t-il donné des indications pour le style graphique ou les ambiances visuelles ?

Oui, il m’a montré des vieilles peintures de l’époque, sur la conquête de l’Égypte par Napoléon, avec des paysages absolument somptueux. Cela fait partie de l’ambiance générale qu’il a voulu donner, et j’ai essayé de le transcrire au mieux.

 

Vous êtes-vous inspiré des peintures rurales de l’antiquité égyptienne ?

Oui, complètement. Dans certains passages, je reprends des cartouches égyptiennes. J’ai fait du décalquage, avec des ajouts de ma part. On a tous en tête ces images de peintures murales. Parfois, j’ai rajouté des hiéroglyphes autour, qui n’ont absolument aucun sens d’ailleurs. C’est un reproche que des connaisseurs m’ont fait : « Mais ça ne veut strictement rien dire ! » Je leur ai répondu: « Oui, mais c’est pour le côté graphique. »

 

Certaines scènes sont très cinématographiques. Comment imaginez-vous les cadrages, la mise en scène ?

Eric décrit très bien son scénario. Parfois, il me laisse libre au niveau du cadrage, mais très souvent, c’est précisé. Il indique si c’est un plan moyen, un plan américain ou un plan buste. Après, je joue un peu là-dessus : j’étire les cadrages, je joue avec la perspective, je mets la caméra un peu au-dessus. Après, il n’y a aucun souci si j’ai envie de faire des changements, mais je n’ai quasiment jamais besoin de le faire. Parce que quand je lis son scénario, j’ai une image qui me vient en tête, et ça va tout seul.

 

Pour tout ce qui concerne le dessin, vous travaillez d’abord manuellement ou tout est numérique ?

Tout est numérique. J’utilise une super tablette de 24 pouces que j’ai depuis très longtemps. C’est impressionnant le gain de temps que ça procure. Et paradoxalement, ça améliore grandement mon dessin parce qu’en fait, tu n’as pas peur d’abîmer ce que tu fais. Il y a moins de stress.Tu peux toujours détourer un élément, le grandir, le rapetisser… Il n’y a pas besoin d’effacer ni de recommencer.

 

Dans ce premier tome, beaucoup de mystères sont exposés. Je pense que le tome 2 va être bien intense, pour quand est-il prévu ?

On travaille déjà dessus. Le storyboard est terminé depuis juin. J’ai fait une quinzaine de pages au propre. Elles sont en train d’être mises en couleur. Je devrais tout terminer, probablement pour la rentrée scolaire l’an prochain !

 

Y a-t-il d’autres cycles prévus ?

Sur cette période et ces personnages, cela se terminera en deux tomes. On aimerait ensuite repartir sur un autre diptyque, à une autre époque, avec d’autres personnages. L’univers incluant les Stryges est énorme, et Eric a plein d’idées pour continuer !

 

On a hâte ! Merci et longue vie aux Stryges !



En bref

Série en cours (1 tome paru)
Une BD de : Corbeyran, Nicolas Begue
Édition : Delcourt


Acheter cette BD sur le site de la librairie Critic !



The following two tabs change content below.

BennyB

Co-fondateur de la Loutre Masquée, il est né en 1743, un samedi. Son but dans la vie : rendre le monde meilleur, avec des sites internet à base de loutres. Et il trouve que Spirou a vachement plus la classe que Tintin, quand même.

Derniers articles parBennyB (voir tous)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *