
Ecrit par Clément le 10 novembre 2025
Anne de Bretagne est connue comme la dernière duchesse de Bretagne, également comme celle grâce à qui les quatre voies bretonnes sont gratuites (à tort). Deux fois reine de France, elle a lutté pour que son duché ne rejoigne pas le royaume de France. Découvrez son histoire dans cette superbe BD historique !
Bonjour Gwendal, comment avez-vous été mis en relation avec le scénariste et avec l’éditeur pour écrire cette BD ?
Je connais très bien le scénariste (Bertrand Galic) parce qu’on est tous les deux brestois et qu’on a parfois travaillé par ailleurs dans le même collège, lui en tant que prof d’histoire-géo et moi en tant qu’intervenant pour faire des ateliers BD. Malgré le fait qu’on se connaisse depuis plus de 10 ans, nous n’avions jamais eu l’occasion de collaborer ensemble. Ça s’est fait avec “Anne de Bretagne“, et on en est très contents. La collaboration s’est tellement bien passée que nous espérons recommencer à collaborer ensemble. La relation s’est établie via le directeur de collection, Cédric Hiland. Nous avions déjà travaillé ensemble sur la collection avec “Charlemagne“, un des premiers titres de la collection, il y a une dizaine d’années. Trente tomes plus tard, j’interviens de nouveau dessus.
Dans une collection de ce genre, faut-il également faire un dossier comme pour un projet classique ?
Comme le directeur de collection me connaissait déjà, il n’y a pas eu besoin que je fasse un dossier. Par contre, le scénariste a travaillé en amont avec Claire L’Hoer, l’historienne mise à disposition par Fayard. Ils ont dû se documenter, choisir les éléments principaux puis découper en scènes les éléments les plus pertinents possibles. En effet, 46 pages c’est court pour tout ce qu’il y a à dire sur une personne comme Anne de Bretagne. Moi, je ne suis vraiment intervenu qu’en seconde partie.
Une fois le scénario quasiment terminé, j’ai pu développer le storyboard avec eux. Cela s’est déroulé en deux phases. Une fois la première moitié terminée, on a travaillé sur trois pages définitives ainsi que la couverture pour les transmettre au coloriste et qu’il puisse développer ses couleurs. J’ai commencé par réaliser la couverture, alors que c’est plutôt fait tout à la fin généralement. On était également un peu pressés par le temps car la maison d’édition souhaitait sortir l’album pour le début de l’été, pour caler cela avec la saison touristique locale.
Est-ce que vous avez eu des contraintes particulières sur les habits et les bâtiments dans le cadre de cette série historique ?
Je me suis beaucoup servi de la documentation fournie par Claire. Par exemple, la cathédrale de Rennes n’existe plus. Elle nous a fourni de la documentation sur une cathédrale de la même époque, de Dol de Bretagne. Elle nous a également envoyé de la documentation sur un manoir, une vieille église, des costumes et même sur les couleurs.
On s’est vraiment basé sur son travail. Elle était présente, très réactive. Je n’avais pas besoin d’attendre deux jours à chaque fois que j’avais une question.
Quel est votre prochain projet ?
Actuellement, je planche sur le tome 2 de “Alias Nemo“. C’est une série BD de chez Locus Solus, une maison d’édition bretonne. Sinon, je travaille aussi avec Osismes Productions sur l’histoire des frères Gudin qui se passe à l’époque de Napoléon III. Et j’ai quelques sujets d’illustrations à côté, pour des festivals comme Trolls et Légende, ou celui de Saint Jean d’Angély. Je réalise aussi beaucoup d’illusations avec la galerie Pod à Brest. On est en ce moment sur des peintures sur des cartes marines, c’est très différent.
Dans quel cadre avez-vous fait votre artbook sur Lupin ?
Je l’ai fait pour développer un univers et débuter un peu dans le polar, plus précisément dans le steampunk. C’est ça qui m’intéressait, vu que je le développais déjà avec Jules Verne dans “Alias Némo“. Je continue de travailler sur l’univers, mais en illustration pour l’instant, sous forme de carnet de croquis sur la faune marine et sous-marine.. J’aimerais bien travailler Lupin en BD, dans un monde steampunk, un truc perso. Mais pour l’instant, je n’en ai pas le temps.
Est-ce qu’il y a une époque que vous préférez dessiner ?
Il y a deux époques : le médiéval fantastique et le début du vingtième siècle. Pour moi, le steampunk démarre au début de la standardisation industrielle, sous Napoléon III et peut aller jusqu’aux années 1920. Ce sont des univers que l’on peut traiter comme on veut en picorant dans les esthétiques qu’on aime bien.
Quand vous avez annoncé à vos parents et à vos proches que vous alliez devenir dessinateur, quelle a été leur réaction ?
Mes parents voyaient bien que j’avais un don parce que moi je dessinais tout le temps C’est ma prof d’allemand au collège qui leur a dit, lors d’une rencontre parent-prof, qu’ils devraient m’inscrire dans une formation d’art appliqué. Ils ne connaissaient pas et se sont renseignés. J’ai ainsi fait un BTS en design, obtenu un diplôme aux Beaux-Arts et j’ai commencé par la l’illustration et plus précisément la peinture.
J’ai également rejoint un fanzine qui se créait à ce moment-là à Brest, qui s’appelait “Le Violon Dingue“, dont tous les gens de l’époque sont devenus auteurs de BD. J’ai fait 3 ans d’illustration et après j’ai signé en BD. Je n’ai ensuite plus quitté le milieu. Cela ne m’empêche pas d’avoir des collaborations à côté, un peu dans le cinéma pour des courts-métrages, pour les jeux vidéos avec Ubisoft, ou même pour des agences d’urbanisme. Tout ça est lié aux arts appliqués, c’est-à-dire qu’on a été formé pour travailler sur d’autres choses que le livre. Et encore aujourd’hui, pour moi, c’est naturel d’aller faire une étiquette de bouteille ou n’importe quoi.
Quel personnage aimeriez-vous dessiner dans un futur plus ou moins proche ?
Je m’inspire beaucoup de Jules Verne et de Némo. Mais Robur le Conquérant m’intéresse aussi. Je suis à l’écriture d’un scénario de bande dessinée qui serait du steampunk, Jules Vernien, plutôt à la Robur, mais avec des dragons. C’est un univers assez réaliste, mais il faut expliquer les dragons. C’est justement ce que je vais développer.
On a hâte de découvrir vos prochaines uvres et de replonger dans les mondes de Jules Verne !
En bref
One-shot
Une BD de : Bertrand Galic, Claire L'Hoer, Gwendal Lemercier
Édition : Glénat
Clément
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