« Seul le silence » : interview de Richard Guérineau à Quai des Bulles


L’écrivain Joseph Vaughan revient sur ses années d’enfance. Que s’est-il passé ces années-là ?

Dans sa campagne, il a assisté à des disparitions troublantes et inexpliquées. Des jeunes filles ont été assassinées. Du haut de ses 12 ans, il est alors devenu le témoin involontaire et impuissant de ces meurtres. Pour quelles raisons ?

Les années passent, et Joseph va s’installer à New York, pour tourner la page. Mais les crimes commencent à nouveau. Joseph ne veut pas en rester là, il décide alors de mener l’enquête.

Fabrice Collin et Richard Guérineau signent là un polar étrange. On se croirait dans une nouvelle de Steinbeck. Le décor est planté avec ces fermes américaines des années 40… Mais l’histoire évolue sur plusieurs années. On part en voyage, pour finalement revenir aux sources !

 

Qu’est-ce qui vous amène à Quai des bulles cette année ?

J’ai une actualité très chargée. Mon nouveau livre vient de sortir. Je viens pour dédicacer et rencontrer la presse !

 

D’où vient cette idée d’adapter un polar de R.J. Ellory ?

Au départ, une éditrice de Phileas m’a appelé et m’a proposé de travailler sur ce roman. Je l’ai beaucoup aimé, particulièrement l’ambiance et l’atmosphère. Cette Amérique rurale des années 40 m’a interpellé. Je pensais faire l’adaptation seul, puis la présence de Fabrice Collin s’est imposée. Il est le traducteur officiel et ami de R.J. Ellory. C’est grâce à lui qu’il a accepté l’adaptation.

Avec les événements, on a été obligé de travailler à distance, et cela a fonctionné !

 

Comment s’est passée votre collaboration ?

Dans notre travail, je laisse à Fabrice une grande liberté. Je voulais quelque chose de simple. Fabrice a réussi à condenser le roman pour aboutir à un album d’une centaine de pages. Il l’a ensuite découpé en plusieurs parties et a défini un certain nombre de pages. Mais à l’intérieur de chaque partie, j’étais libre de redistribuer les séquences comme je voulais.

 

Est-il facile d’adapter un polar particulièrement violent en BD ?

Il s’agit d’un sujet très délicat. Comment représenter la violence ? Quelle limite ne faut-il pas dépasser ? J’ai donc essayé de doser cette violence selon les étapes du récit. Au fur et à mesure que l’on découvre les meurtres, il ne fallait pas être trop répétitif. On ne les montre pas en soi, on montre le résultat. On parle donc davantage de l’horreur des scènes de crime que de la violence elle-même.

L’horreur devait être progressive, elle ne devait pas être montrée à chaque fois de la même manière. Parfois elle est dissimulée, parfois frontale.

Certaines scènes n’auraient pas été montrées de cette manière au cinéma ou dans une série. Certaines images auraient pu être insoutenables. En bande dessinée, l’avantage c’est que l’horreur ou la violence est filtrée par le dessin. Il crée une distance entre elle et le spectateur. Je fais confiance au dessin pour ne pas franchir la limite de l’acceptable.

 

Avez-vous eu des difficultés à faire plusieurs parties dans cet album ?

En effet, il y a plusieurs parties dans cet album. On raconte d’abord la jeunesse de Joseph, lorsqu’il est dans son trou perdu de Géorgie. A force de vivre des drames, il décide de tout quitter. Il dit : « Cet endroit est maudit, je ne veux plus y retourner ».

Il part donc à New York, où commence la deuxième partie. Le rythme s’accélère, il se passe à la fois beaucoup de choses. Le temps et les années s’écoulent différemment. La justice passe par là, les enquêtes sont expédiées. Joseph est condamné. Ses amis vont se démener pour  montrer qu’il est innocent.

J’ai donc dû faire des recherches sur les différentes époques. J’ai revu le village dans lequel il revient dans les années 60. Il y a une ambiance un peu plus « pop ».

 

Dans l’album, il y a un léger décrochage, un flashback passé-futur ?

En effet, on a intégré un « flash forward ». Fabrice m’a demandé cela sous la forme de deux cases. Il sert à annoncer la scène finale. J’aurais bien voulu en ajouter d’autres, mais nous étions limités par la place.

 

Avez-vous d’autres adaptations de polar en vue ?

J’aime l’adaptation de polars en BD, mais j’ai toujours envie de projets différents. Je ne veux pas refaire de suite une nouvelle adaptation de Ellory. C’était super, mais je préfère aller vers quelque chose que je n’ai jamais exploré.

 

Cet album est très agréable et le résultat est génial, les personnages sont tous intrigants.
L’échange avec Richard reste un bon souvenir.
A ce rythme je vais devenir fan de polars !

Merci Richard !

« Seul le silence » est un one-shot, disponible aux éditions Phileas !

 

En bref

Un one-shot
Auteurs : Richard Guérineau et Fabrice Collin
Editeur : Phileas


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McR

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McR a est un homme barbu mais pas méchant. Il a connu la préhistoire, et grâce à un accélérateur de particules, il a pu rejoindre la communauté.

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