Whiskey & New York

 

Voici Julia, une toute petite trentaine, native de San Francisco et qui s’en va se chercher un autre destin à New York. On pourrait être dans une trame gnangnan à la Coyotte Girls (que l’on me brûle vivante de cet aveu d’impuissance, il fut un temps, lointain fort heureusement, où j’adorais ce film, shame on me à fond les gars), (tiens au passage je te colle du son bien collant comme le miel qui va te squatter le tympan toute la fin de journée) , mais je te  rassure ce n’est pas le cas, et donc au point mort de sa vie Julia a envie de changement et déménage tout en sachant pertinemment qu’elle va se ramasser.

Julia c’est l’anti Carrie Bradshaw, elle a une coupe de cheveux de playmobil et préfère les pyjamas mous aux vêtements de fille, elle son truc c’est de se prendre des cuites au ciné (d’ailleurs c’est le nom de la BD en VO « Drinking at movies« ), et insiste que « rater sa vie, c’est épuisant, merde! ».  Auteur de la BD « The fart party » (la fête du pêt plus ou moins, j’adore!), elle essaie de bosser vaguement à son deuxième tome, mais bouinasse et doit se coltiner pleins de boulots d’appoints pour survivre, chemin faisant, cahin caha avec son fardeau de problèmes familiaux et son souci de faiblesse pour le bourbon, la considération de ces déboires l’amène à songer (entre autres) que celui qui inventera l’éthylotest antidémarrage d’ordinateur va faire fortune.

C’est aussi un livre avec de nombreux apartés politiques on est dans la campagne présidentielle et puis juste après l’élection d’Obama, du coup elle se fait plaisir avec les Dick Cheney (« aperçu pour la dernière fois en train de violer des chatons et d’assasiner des bébés »), Sarah Palin and Co, et elle admet qu’avant le 11/09 « en tant qu’adolescents blancs des classes moyennes, nous avions profité d’une sorte de néant politique sous l’administration Clinton. Nous pensions que les affaires se limitaient à la consommation de drogue et aux fellations. »

C‘est également bourré de références ciné, séries, bouquins, musique, c’est hilarant, talentueux, acide, et encore talentueux.

Je te conseille il va de soit de lire absolument cette BD , tu l’auras compris, c’est une claque d’autodérision mettant en abîme des instants de vie oscillant entre le foireux et le looseux, des instants de vie qu’on a tous vécu à un moment ou autre, en somme. C’est la BD la plus drôle que j’ai jamais lu de ma vie, et du coup si toi tu ne l’aimes pas c’est de deux choses l’une: soit mon humour est pourri, soit le tien.

Bon le truc c’est que Julia Wertz n’a que cette BD de traduit en français (chez Altercomics), alors qu’elle en a fait trois autres dont une qu’elle vient de sortir « The Infinite Wait and other stories », et puis je suppose que ça doit être une sinistre blague mais en cherchant sur Amazon j’ai trouvé le « Fart Party » d’occasion à 127,83€, et ouais, si c’est pas une blague, c’est certainement une blague si je ne m’abuse.

Allez je te laisse sur une citation de Julia Wertz: « Au coucher du soleil, je gisais comme un étron à m’apitoyer sur moi-même »

PS:  La loutre Amber Josiane cause aussi d’autres BD et bouquins avec amour, gloire et beauté par ici.

 

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Amber Josiane

Un super auteur de ouf !
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