Ecrit par McR le 30 mars 2026
En ce joli mois d’avril 1925, un paquebot accoste tranquillement au port de Cherbourg, tout droit venu des États-Unis. À son bord : deux hommes qui n’ont rien de simples touristes : Victor Lustig et son complice, l’armoire à glace Drapper.
Si ces deux-là ont traversé l’Atlantique, ce n’est certainement pas pour admirer la Normandie. Déjà bien connus des services de police américains pour leurs petites “activités parallèles”, ils viennent en France avec une idée bien précise : se faire oublier… tout en continuant à gagner un maximum d’argent. Parce que quitte à être discret, autant l’être avec un portefeuille bien rempli !
Et là, coup de chance ou signe du destin : un article de journal tombe sous leurs yeux. On y explique que la Tour Eiffel coûte une fortune en entretien et que certains envisagent même de la démonter. Rien que ça !
Pour n’importe qui, c’est une info étonnante. Pour Lustig, c’est une opportunité en or. Une idée complètement folle germe alors dans son esprit : et si on vendait la Tour Eiffel ?
Stéphane Marchetti choisit de raconter cette histoire “presque vraie” avec une certaine liberté. S’appuyant sur des témoignages, notamment ceux de la CIA et sur un livre écrit par la fille de Lustig, Betty Jean Lustig, il construit un récit captivant… même si les preuves historiques restent floues. Coup de génie ou invention totale ? Le mystère reste entier comme le dévoile le cahier à la fin de l’ouvrage.
Pour donner vie à cette aventure, Marchetti s’associe au dessinateur Joseph Falzon (“Qui m’aime me suivre“, “Alt-Life“). Son trait caricatural, expressif et plein d’énergie rappelle par moments celui de Jérôme Jouvray dans la série “Lincoln“. Le résultat : des personnages hauts en couleur, presque plus grands que nature.
Une fois plongé dedans, difficile de lâcher l’ouvrage. On est embarqué dans un véritable tourbillon d’arnaques, un thriller aussi drôle qu’effréné, où chaque page nous rapproche un peu plus de ce coup magistral.
On pense forcément aux “Pieds Nickelés“… sauf qu’ici, les escrocs sont bien plus élégants, bien plus subtils, et surtout redoutablement intelligents. Pas de bricolage approximatif : tout est fin, précis, presque raffiné.
Et le plus impressionnant ? Ils semblent toujours s’en sortir. Peu importe la situation, ils retombent sur leurs pieds avec une facilité déconcertante.
Au final, on ressort de cette lecture avec le sourire, un peu bluffé… et presque admiratif devant tant d’audace. Parce qu’après tout, il faut quand même être un peu fou pour essayer de vendre la Tour Eiffel. Et rien que pour ça, chapeau !
En bref
Un one-shot
Une BD de : Joseph Falzon, Stéphane Marchetti
Édition : Dargaud
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