La fin de la fiction

Ecrit par McR le 24 juin 2026

Pierre Maurel nous explique que, si l’on se fie aux statistiques, les auditeurs ont besoin d’être directement concernés par les histoires qu’on leur raconte pour ne pas décrocher rapidement.

Et voilà que le professeur Maurel demande à ses élèves de réaliser deux pages de bande dessinée, avec pour exigence d’y intégrer une voix off omniprésente. Rien que ça !

En dehors de l’école, Pierre est lui-même auteur de BD, mais il semble avoir perdu jusqu’à son inspiration. Quand son pote le laisse seul en pleine nature, il finit par frapper à la porte d’une jeune femme qui l’accueille et lui offre une tasse de thé…

Pierre est surtout à la recherche d’un universitaire émérite, spécialiste du Moyen Âge, censé vivre au milieu de nulle part. Que va-t-il réellement découvrir au bout de cette quête ?

La fin de la fiction” est un roman graphique qu’on peut qualifier d’autofiction, dans lequel Pierre Maurel se met lui-même en scène sous les traits d’un auteur de BD en panne d’inspiration. Dit comme ça, on pourrait craindre une énième crise existentielle dessinée mais non : c’est remarquablement bien fait.

L’album joue sans cesse avec les frontières entre réalité et fiction. Pierre Maurel entremêle réflexions sur l’écriture, scènes du quotidien, souvenirs personnels, digressions philosophiques et commentaires sur la bande dessinée elle-même. Sur le papier, cela ressemble à la recette parfaite pour perdre son lecteur. Pourtant, l’auteur parvient à garder le cap et à rendre cette errance étonnamment captivante.

Graphiquement, son trait reste clair, souple et expressif. Il y a dans certaines pages quelque chose qui rappelle le mordant et la spontanéité d’un Wolinski, avec ce même talent pour saisir les petites absurdités du quotidien en quelques coups de crayon.

Surtout, l’auteur possède une arme redoutable : l’autodérision. Là où d’autres auraient sombré dans l’autocontemplation, il préfère rire de ses blocages, de ses hésitations et de ses prétentions d’auteur. Résultat : même lorsque le récit s’aventure sur des terrains introspectifs, il conserve une légèreté bienvenue.

Au final, “La fin de la fiction” est un livre qui parle beaucoup de création, de doutes et d’écriture, mais sans jamais oublier de raconter une histoire. Et c’est peut-être là son plus beau paradoxe : faire d’une panne d’inspiration un album qui, lui, n’en manque pas !

Un ouvrage doux et drôle !



En bref

Un one-shot
Une BD de : Pierre Maurel
Édition : Les Ondes Marcinelle


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McR

McR a est un homme barbu mais pas méchant. Il a connu la préhistoire, et grâce à un accélérateur de particules, il a pu rejoindre la communauté.

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