Les poisons de Katharz

poisonskatharzKatharz est une ville-prison, dirigée d’une main de fer par Ténia Harsnik. Cette tyranne (elle a décidé que ce mot s’accorde au féminin) n’hésite pas à faire usage de la guillotine pour éliminer les citoyens plus récalcitrants, et à décorer les meurtriers les plus productifs.

Le peuple gronde… mais ce qu’il ignore, c’est que cette politique sanguinaire est secrètement justifiée : sous la ville est enfermé Salbeth, un démon maintenu prisonnier par un enchantement. Sauf que cet enchantement, comme le veut la tradition, a une contrainte : le jour où la population de la ville atteindra les cent mille âmes, le démon se réveillera pour se venger…

La tyranne essaie donc tant bien que mal d’empêcher la jauge de la ville d’atteindre la limite, en surveillant au plus près les entrées dans la ville, les meurtres et les naissances. Elle est la seule au courant de ce sortilège, ainsi que son amie la puissante sorcière Dame Carasse, qui est censée protéger la ville en cas de réveil du démon. Mais elle-même n’est pas si sûre d’en être capable…

Et comme si cela ne suffisait pas, des complots se trament dans les villes aux alentours : Le sénateur « Mâton l’ancien » tente de marier sa nièce Grace (enfin Virginie, mais cela fait moins pur) au Prince Alastor, dit « Totor 1er », dans le but de déclarer la guerre à Katharz…

Un roman d’Audrey Alwett

Une deuxième fois n’est pas coutume, la Loutre Masquée vous parle… d’un roman ! Mais pas n’importe lequel, car son autrice n’est autre qu’Audrey Alwett, que l’on connaît pour ses nombreuses BD, notamment « Princesse Sara » !

Un scénario malin et un humour féroce

Le scénario malin met le lecteur face à une politique sanguinaire qui est justifiée, sans pouvoir être expliquée ni partagée au peuple. Nous autres, lecteurs, nous retrouvons donc du côté des méchants… pour une bonne cause !

Si un suspense intense et un souffle épique planent sur le roman, c’est surtout par son ton humoristique et ironique qu’il surprend. On rit beaucoup, et Audrey Alwett en profite pour envoyer des pics subtils et mordants contre les maux du monde actuel.

La société patriarcale en prend un sacré coup, notamment avec le personnage de Virginie, la princesse arriviste qui tente de se faire une place dans ce monde d’hommes. Les licornes servent à détecter la pureté des prétendantes au rôle de princesse, les ceintures de chasteté sont équipées de mâchoires acérées, et il est formellement interdit aux princesses de transpirer, par décret.

Le monde commercial et la société de consommation en prennent aussi pour leur grade, ainsi que la politique et les magouilles de tous bords. Sans oublier la lourdeur du système administratif, incarnée par le mémorable personnage d’Eustache Badufond, le zombie en décomposition, chargé de contrôler les entrées et sorties de la ville-prison, et qui se donne à fond dans la lenteur et les procédures sans fin…

Un roman d’heroïc fantasy qui sort du lot, par son histoire inventive et son humour féroce !

Un label créé par Alwett, Arleston et Bauthian

Tout comme « Le souper des Maléfices » de Christophe Arleston , dont nous avons parlé dans cet article, ce roman est publié sous le label Bad Wolf. Ce label a été créé à la base par Audrey Alwett, Christophe Arleston et Isabelle Bauthian. Après avoir fait ses premières armes en label indépendant, Bad Wolf devient une collection, dirigée par Audrey Alwett aux éditions ActuSF. « Une collection de fantasy pleine d’ambition, pleine de ressources, pleine de mordant. » Pour en savoir plus, c’est par ici : https://labelbadwolf.com/

Plusieurs histoires… avec des jeux !

Vous êtes joueur ? Ca tombe bien ! Car chez Bad Wolf, on ne fait pas qu’écrire. On a aussi envie de jouer avec le lecteur et de susciter son intérêt. Eh oui ! Challenge niveau 1 : chaque roman compte trois jeux littéraires. Challenge niveau 2 : tous les auteurs de la collection Bad Wold se sont adonnés à un même jeu littéraire. Et il y a des cadeaux à gagner ! Ah, ça y est, je vois votre œil qui commence à luire ! Maintenant, c’est à vous de jouer ! 😉

 

Article co-rédigé avec notre super chroniqueuse SquirrelGirl ! 😉

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BennyB

Co-fondateur de la Loutre Masquée, il est né en 1743, un mardi. Son but dans la vie : rendre le monde meilleur, avec des sites internet à base de loutres. Et il trouve que Spirou a vachement plus la classe que Tintin, quand même.

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2 commentaires sur "Les poisons de Katharz"

  • 15 Sep 2017

    Ce livre est vraiment mordant ! Et Audrey Alwett une personnalité incroyablement … mordante et drôle. Ce label est géniallissime ! Super article