L’Incal

Certaines BD auront marqué à jamais notre vie. Certains auteurs semblent éternels… Pourtant , Moebius, alias Jean Giraud, vient de s’éteindre. La Loutre Masquée lui rend aujourd’hui hommage, et vous propose de (re)découvrir l’une de ses créations incontournables : « L’Incal » .

Avec John Difool, détective de classe R !

Dans un futur très lointain, peuplé de créatures en tous genres, où les voitures volent, et les voyages spatiaux sont monnaie courante, John Difool, un « minable détective de classe R » essaie tant bien que mal de gagner sa croute.

Au cours d’une enquête qui tourne mal, il tombe par hasard sur un Berg, un extra-terrestre venu d’une autre galaxie. Celui-ci lui confie un objet mystérieux, une petite pyramide blanche aux pouvoirs insoupçonnés… et c’est le début des ennuis !

Accompagné de Deepo, son oiseau apprivoisé, John va vite se trouvé recherché par la police, le peuple Bergs, un méta-baron, diverses sectes et autres fanatiques en tous genres. Tous deux se retrouvent alors embarqués dans une aventure qui les dépasse complètement, et qui les transformera (ou pas) en sauveurs de l’univers…

Un space opera intelligent… sous acide !

Comment résumer l’Incal en quelques mots ?
Comment décrire ce que l’on ressent à la lecture de cette série ?

C’est du space opera… mais un peu comme si on avait pris un acide ! Un univers déjanté, une histoire qui part très loin dans des délires psychédéliques, où les jeunes cadres déprimés se jettent dans le vide à « Suicide allée » , où la technologie la plus avancée côtoie des artefacts magiques, où l’on croise un homme à tête de loup en boîte de nuit, où l’on découvre des expressions telles que les « techniques technos » , les « homéoputes » ou « son ophidité majeure » …

C’est à la fois de la science-fiction poétique, une grande quête initiatique en 6 chapitres, une parodie loufoque, une allégorie de notre monde (avec des thèmes tels que l’abus de pouvoir, la religion, les médias…) qui a marqué plusieurs générations de lecteurs. Cela a certes un peu vieilli et ce n’est pas toujours très facile d’accès, mais franchement…ça vaut le détour !

Moebius, un grand, tout simplement

Passionné de western, Jean Giraud, car c’est son vrai nom, signe d’abord la célèbre série Blueberry. Fondateur des Humanoïdes Associés, et du magazine Métal Hurlant, il se tourne ensuite vers la science-fiction et opte pour le pseudonyme de Moebius, en référence à l’anneau du même nom, symbole de l’infini. L’Incal, Le Garage Hérmetique ou Arzach, autants de series devenues cultes qui le font accéder avec son compère Alexandro Jodorowsky à une renommée internationale.

Traduit dans toutes les langues, reconnu aux Etats-Unis comme au Japon, il fera de nombreuses collaborations dans le milieu des comics (« Le surfer d’argent » …) ou des mangas (« Icare » avec Taniguchi).

Artiste visionnaire et complexe, il a aussi élaboré l’univers visuel de nombreux films, notamment du Cinquième Element (qui finit par ressembler beaucoup à l’Incal… mais en moins bien !), ainsi que Alien, Tron, Willow, ou le superbe dessin animé Les Maîtres du Temps.

Pour finir : un aperçu de ce qu’aurait donné L’Incal s’il avait été adapté en dessin animé…

Merci pour tout Jean !

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BennyB

Co-fondateur de la Loutre Masquée, il est né en 1743, un samedi. Son but dans la vie : rendre le monde meilleur, avec des sites internet à base de loutres. Et il trouve que Spirou a vachement plus la classe que Tintin, quand même.

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2 commentaires sur "L’Incal"

  • 13 Mar 2012

    Un bon article qui rappelle que mon addiction à la SF et à la BD, c’est beaucoup Moebius (et oui, avant de lire Giraud !) et Metal Hurlant. C’est tout ce mouvement novateur inspiré par cet auteur et magnifié à l’époque par L’Incal et son inventivité alors un peu vertigineuse, aujourd’hui un peu capillotractée. Dommage de ne pas évoquer la rencontre de L’Incal, celle de Jodo et Moebius, car Jodo, c’est l’esprit qui déménage sur beaucoup de sujets.
    Un bel hommage, finement illustré, sans surenchère… bien vu.

  • 15 Mar 2012

    Merci beaucoup Fabrice ! Et tout à fait d’accord avec toi : une inventivité vertigineuse, tu as bien trouvé les mots !

    C’est vrai que je connais beaucoup moins Jodorowsky… Peut-être bientôt l’objet d’un prochain article, par un nouveau rédacteur de la Loutre ? 😉