Skinwalker – Interview de Steven Dhondt et Gabriel Katz


Ecrit par Clément le 04 décembre 2025

Couverture SkinwalkerSkinwalker” raconte l’histoire d’une cantatrice ruinée, qui hérite d’un manoir dans les montagnes américaines. Accompagnée par un garde du corps et sa nièce, elle va faire de drôles de rencontres dans ces lieux glacés.

Nous avons eu la chance d’interviewer Gabriel Katz, scénariste et Steven Dhondt, dessinateur, lors du festival Quai des Bulles à Saint Malo.

 

Bonjour Gabriel et Steven ! C’est la première BD que vous réalisez ensemble. Comment êtes-vous entrés en contact pour la réaliser ?

Gabriel : Ça s’est passé de façon assez classique via notre éditeur Christophe Arleston. Je lui ai envoyé le scénario et il m’a conseillé de lire “Wanted”, en me disant que Steven devrait bien correspondre. Une fois convaincu, j’ai envoyé mon synopsis à ce dernier pour voir si ça lui convenait.

Gabriel Katz et Steven Dhondt

Steven : Christophe m’a contacté quand j’étais environ à la moitié de “Wanted“. J’ai lu le synopsis de Gabriel qui m’a plu et j’ai dit oui.

 

Vu la distance qui vous sépare, vous retrouvez vous parfois pour échanger ?

Gabriel : Non, on s’est même rencontrés ce week-end pour la première fois.

 

Comment échangez-vous ?

Steven : Par mail principalement. Pour moi, c’est plus facile parce que je parle néerlandais, et en français c’est trop difficile au téléphone.

 

Vous vous êtes tournés vers la BD dans un deuxième temps tous les deux. Est-ce un hasard que vous vous retrouviez ensemble ?

Gabriel : C’est toujours un hasard de se retrouver en duo parce que chacun peut travailler sur des choses différentes. J’ai en effet d’abord commencé par des romans et Christophe Arleston s’est dit qu’il allait proposer à des romanciers d’imaginaire, de fantasy, de faire de la BD. J’étais très content de la proposition, ça me changeait de mon travail de scénariste télé qui me nourrit bien mais n’est pas très gratifiant. C’est un milieu très cadré, contrairement à celui de la BD.

Planche Skinwalker

Steven : De mon côté, j’ai réalisé ma première BD quand j’avais neuf ans. Mon professeur nous racontait une histoire le vendredi avant la fin de l’école. Comme j’étais toujours en train de dessiner, je me suis associé à lui pour en faire une BD. Il est plus tard devenu un écrivain très connu en Flandre. De mon côté, j’ai fait des études d’architecture mais je suis revenu vers la BD une fois l’école terminée, d’abord en nééerlandais. Plus tard, j’ai dessiné une courte histoire pour Lanfeust Mag’, puis la trilogie “Obscurcia” des années plus tard.

 

Vos BD sont généralement traduites pour être vendues en Flandres et aux Pays-Bas ?

Steven : Oui, “Wanted” a été traduit et “Skinwalker” le sera également l’année prochaine. Pour moi, c’est le monde à l’envers de commencer avec la version française.

 

D’où vous est venue l’idée des Skinwalkers ?

Gabriel : Je voulais une créature peu connue de la mythologie native américaine, ce qui éliminait d’office le Wendigo. J’ai trouvé intéressant le principe du Skinwalker, où un chaman se transforme en corbeau, en loup ou en ours. Mais comme c’est de la BD, j’ai pris la liberté de le faire se transformer en un ensemble peu ragoutant. J’ai également pris des écarts avec la localisation. Il est issu de la mythologie navajo mais comme je voulais de la neige, je l’ai placé en montagne, où il n’est pas censé se situer.

 

Est-ce que vous avez déjà votre prochain projet en tête ? Et est-ce que vous allez continuer à travailler ensemble ou est-ce que vous repartez chacun de votre côté ?

Steven : Je suis en train de dessiner la suite de “Wanted“. Mais peut-être après, comme Gabriel a d’autres idées.

Gabriel : Si on a le temps l’un et l’autre, ce serait super parce que j’ai énormément aimé le travail de Steven sur la BD. Nous pourrions partir sur ce même genre de mythologie, un western qui flirte avec les légendes indiennes. De la même manière que dans “Skinwalker”, cela pourrait être  un mélange entre les codes du western, de l’horreur et un peu de fantastique.

Est-ce qu’il y a un personnage de fiction, de BD, de comics que vous aimeriez reprendre différemment de ce qui a été fait l’un et l’autre ?

Steven : Non, les personnages que j’apprécie sont déjà si bien dessinés que je ne voudrais pas les transformer. Néanmoins, je l’ai déjà fait avec “Le Chevalier Rouge”. Il n’est pas très connu en France, mais nous l’avons repris en l’adaptant au XXème siècle. Il est ainsi devenu motard.

Gabriel : Honnêtement, j’ai énormément de plaisir à créer des personnages. Et j’aurai l’impression de faire un sacrilège en touchant à un personnage que j’adore, comme Lucky Luke. Bon, je pourrai peut-être imaginer le Marsupilami comme une bête dans un western.

 

Est-ce que vous avez des conseils pour quelqu’un qui voudrait se lancer en tant que scénariste ou dessinateur ?

Gabriel : Il faut y aller ! Très souvent, les gens qui ont un projet attendent qu’il soit parfait. Sauf qu’il ne le devient jamais et qu’ils sont encore dessus dix ans plus tard. Donc, une fois qu’on se dit que c’est proprement fait et construit, on l’envoie à un ou deux éditeurs et on voit s’il y a des retours. Si tous les retours sont mauvais, ça veut dire que ce n’est pas bon ou pas le bon moment. Si c’est bon, l’éditeur le dira aussi. Cela peut aussi se combiner avec la présentation du pitch en salon par exemple. Ça demande un peu de culot mais ça peut marcher.

 

Merci beaucoup pour cette interview ! Nous avons hâte de vous retrouver dans de nouvelles aventures !



En bref

One-shot
Une BD de : Gabriel Katz, Steven Dhondt
Édition : Drakoo




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Clément

Alors que certains ont appris à lire avec Oui-Oui, il a appris à lire en feuilletant les Astérix. Tombé dans la marmite des BD depuis tout petit, on peut maintenant le croiser en librairie ou en festival. Il tente maintenant d'apprendre à dessiner, toujours en feuilletant les Astérix, pour peut-être prendre la place de Didier CONRAD pour le prochain Astérix (ne lui dîtes pas qu'il n'a aucune chance 😉 ).

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