Une bouteille à la mer : interview de Zelba !


Ecrit par BennyB le 14 novembre 2025

Pourquoi le niveau des eaux monte-t-il ? Le recyclage, c’est vraiment utile ? Que peut-on faire face à la pollution de la mer ?

Autant de questions et beaucoup d’autres auxquelles tente de répondre en BD l’autrice Zelba, après avoir reçu une « bouteille à la mer » de la célèbre navigatrice Isabelle Autissier.

Rencontre à Quai des Bulles avec Zelba qui nous raconte tout ça !

 

 

Bonjour Zelba ! Comment vous est venue l’idée de réaliser cette BD ? Est-ce que vous avez vraiment reçu une bouteille à la mer ?

Bien sûr, tout est vrai ! (rires) Non, en fait, j’ai reçu un coup de fil d’Isabelle Autissier. Je ne sais pas trop comment ça s’est fait, quelqu’un a dû lui parler de moi et elle a lu des choses que j’avais faites

Elle voulait faire une BD pour ouvrir son engagement à un public qui n’est pas le sien, parce qu’elle est romancière. Comme la BD est un art populaire, elle s’est dit que ça permettra aussi de s’adresser au plus grand nombre. Être écrivaine et écrire pour la BD sont deux choses très différentes. Elle a donc cherché quelqu’un dont c’est le métier.

J’ai attrapé ce coup de fil comme une vraie bouteille à la mer ! J’espère que cet album trouvera de la résonance chez le plus grand nombre de lecteurs et de lectrices. La BD devient à son tour une bouteille à la mer !

 

Dans la BD, vous allez à la rencontre de beaucoup de gens, chacun spécialiste d’un domaine. Vous les avez vraiment rencontrées ?

On aurait pu rencontrer beaucoup de personnes, parce qu’Isabelle a un carnet d’adresses incroyable. On a fait le choix, justement, de ne rencontrer qu’une poignée de personnes à qui on donne réellement la parole. On a rencontré toutes les personnes sauf Lamya Essemlali, que nous avons eu en visio. Heureusement, grâce aux dessins, la BD permet de ne pas rester derrière un écran, mais de s’imaginer ailleurs en pleine action.

J’ai beaucoup aimé cet échange-là parce que j’avais deux militantes sous la main : Isabelle Autissier et Lamya Essemlali, qui ont une approche très différente mais qui se battent pour la même chose. Je trouvais que c’était intéressant de voir la différence des engagements et dans la manière de faire.

 

Ce qui est super, c’est qu’on navigue entre des pages très instructives avec des schémas, et des doubles-pages plus poétiques et pleines de douceur.

Dans ces « injections de beauté » dont tu parles, c’est Isabelle Autissier qui prend la parole. Pour moi, c’était important aussi de lui donner une place plus concrète dans le livre. C’est bien beau de mener les interviews à deux, mais elle est une incroyable écrivaine et ça aurait été dommage de ne pas avoir aussi sa plume. Cela permet aux lectrices et lecteurs d’avoir une petite respiration après un moment avec beaucoup d’informations.

Je voulais aussi mettre des petites choses personnelles dedans, pour bien montrer que ce n’est pas un reportage fait par des journalistes, mais par deux personnes. Je trouvais important de raconter notre rencontre, une très belle rencontre. Cela permet aux personnes qui lisent le livre de s’identifier et se dire :

« Si les personnages du livre y arrivent, je peux faire des petites choses. »

 

Et vous posez des questions que chacun-e peut se poser, sur le niveau des eaux, le recyclage, la pollution…

On passe par le biais de questions assez basiques pour finalement arriver à des choses plus importantes. C’est pour ça qu’on a voulu terminer chaque interview avec la même question : « Qu’est-ce que moi, en tant que citoyen-ne lambda, je peux faire pour aider ? » Et on peut faire plein de choses !

Et moi-même qui suis quand même un peu éco-anxieuse, ça m’a fait un bien fou de découvrir ces personnes qui mettent toute leur énergie pour cette protection-là. C’est chouette de voir aussi qu’il y a des petites victoires !

 

Il y a aussi beaucoup d’humour. Visuellement, vous prenez des petites libertés. À un moment donné, vous vous dessinez sous forme de chien, ou alors vous dessinez Isabelle en marionnette.

Oui, parce qu’elle n’a pas été là pour la dernière interview et j’ai cherché un moyen de l’emmener quand même avec moi. Elle ne m’a pas accompagnée physiquement, mais on avait quand même préparé l’interview à deux. Cela rajoute un peu de fantaisie au sujet. C’est une BD, donc ce serait dommage de ne pas profiter de la liberté qu’on a !

 

Combien de temps avez-vous mis à faire l’album entre toutes les interviews et le dessin ?

Je pense que j’ai mis deux ans et trois mois. Isabelle part chaque année plusieurs mois en mer. Par moments, elle n’était pas joignable, donc j’ai avancé dans mon coin. Je me suis régalée parce que j’adore travailler sur un livre qui va changer un peu mon quotidien. Cela me plaît énormément de travailler comme ça parce que j’ai l’impression de m’améliorer un tout petit peu à chaque livre. Non seulement de faire des progrès, peut-être sur les dessins,mais j’essaie d’élargir toujours un petit peu mon horizon et de remettre en question mes fonctionnements au sens large.

 

Avez-vous d’autres projets à venir ?

Oui, bien sûr. J’ai déjà signé les deux projets suivants chez Futuropolis. Le prochain, d’ailleurs, il est déjà bien avancé. Ça va être quelque chose de beaucoup plus léger, parce qu’après deux albums qui m’ont pris plus de deux ans, j’avais envie d’une petite respiration. Je fais donc une compilation des petites histoires que je publie régulièrement sur les réseaux. Je ne les prends pas telles qu’elles sont. J’ai tout redessiné, j’ai tout réécrit, j’ai remis au goût du jour, parce que c’est pour un autre format. Je m’éclate, parce que c’est autre chose.

En parallèle, je travaille déjà depuis un peu plus d’un an sur un gros projet autobiographique. Pas vraiment drôle, mais bon, j’essaierai quand même d’y mettre un peu d’humour !

 

On a hâte de découvrir ça ! Merci Zelba et bon vent !



En bref

Un one-shot
Une BD de : Isabelle Autissier, Zelba
Édition : Futuropolis


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BennyB

Co-fondateur de la Loutre Masquée, il est né en 1743, un samedi. Son but dans la vie : rendre le monde meilleur, avec des sites internet à base de loutres. Et il trouve que Spirou a vachement plus la classe que Tintin, quand même.

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