Les Larmes de Callisto – interview de Valentin Varrel


Ecrit par BennyB le 30 octobre 2026

Pour fuir un mariage forcé, la princesse d’Arcadie Callisto vient trouver refuge auprès d’Artémis, la déesse de la chasse. Cette dernière l’accepte parmi ses nymphes, à une condition : elle doit rester loin des hommes. Elle vit alors la vie dont elle a toujours rêvé, faite de chasse, de liberté et de solidarité.

Mais Zeus ne l’entend pas de cette oreille. Il demande à Aphrodite de lui donner l’apparence d’Artémis pour pouvoir l’approcher…

Rencontre avec le dessinateur Valentin Varrel au festival Quai des Bulles !

 

Bonjour Valentin ! « Les Larmes de Callisto » est une adaptation d’un conte de la mythologie grecque. Comment est né ce projet ?

Je suis arrivé alors que le projet était déjà bien mis en route. Le scénario était posé, la maison d’édition avait été choisie. Je devais faire des tests pour voir si mon style pouvait coller à l’histoire. Au début, on hésitait un peu, parce que j’ai un style qui est très proche du dessin animé, de l’animation, ce genre de choses. Mais finalement, ce contraste entre la dureté de l’histoire et la douceur du dessin a bien fonctionné. Les deux se sont alliés !

Qu’est-ce qui vous a particulièrement intéressé dans cette histoire ?

Déjà, c’est un univers complètement fictif. J’aime dessiner des choses qui n’existent pas. Même si certaines BD réalistes sont très intéressantes, j’ai envie de m’évader quand je dessine. Cela parlait de mythologie grecque, de transformation, de dieux… Il y a aussi ce côté avec les constellations, ce qui touche au ciel, aux étoiles. Ce sont toutes ces choses qui m’ont motivé.

Il y a aussi beaucoup d’animaux !

En effet, et je ne suis pas du tout à l’aise pour les dessiner ! Cela a été un vrai challenge pour moi, j’ai vraiment appris à le faire avec cette BD, cela m’a sorti de ma zone de confort.

Pouvez-vous nous indiquer quelles modifications ont été apportées au mythe d’origine ?

Dans le mythe, la morale de l’histoire, c’est que le problème vient de Callisto… alors qu’elle a été violée ! C’est le perpétuel problème : ce n’est pas l’homme qu’on accuse, c’est la femme. Cette adaptation a un vrai côté sororité. Ici Artémis soutient beaucoup Callisto, alors que dans le mythe elle la jette comme une vieille chaussette quand elle découvre qu’elle est enceinte.

C’est aussi ce qui m’a attiré dans le projet. Je ne voulais absolument pas faire quelque chose qui ne soit pas dans mes valeurs. La scène du viol a été retravaillée plusieurs fois pour ne pas montrer de violence gratuite envers une femme. J’ai aussi joué sur le graphisme, avec des monstres qui viennent l’encercler. Je ne voulais pas non plus montrer de la nudité gratuite, mais mettre en avant le côté maternel.

Pour toute la partie mythologie, comment avez-vous conçu le design des costumes et des décors ?

J’ai d’abord fait beaucoup de recherches sur Pinterest. J’ai volontairement choisi de poser des décors assez simples, pour laisser la place aux personnages qui portent vraiment l’histoire.

Vous avez fait le character design de tous les personnages ?

Oui, j’ai tout imaginé. La scénariste Camille Salomon m’a laissé une liberté incroyable. Les personnages ont beaucoup évolué depuis leur première version. Chacune a un code couleur qui permet de les repérer facilement. Il y a de l’orange pour Callisto, du violet pour Artémis, du rose pour Aphrodite et du bleu pour Héra.

Il y a aussi les personnages fantastiques, comme les Moires qui tissent les fils de la vie.

Oui, complètement. La seule directive que j’ai eue, c’est qu’il devait y avoir une enfant, une adulte et une dame âgée. Puis je me suis laissé guider par des designs que j’avais en tête. Je les imaginais comme des religieuses dans leurs tenues, mais avec un côté presque dérangeant.

Pour rendre fluides les scènes d’action et de poursuites, vous avez réalisé un gros travail sur les cadrages ?

Tout à fait ! Heureusement, Camille m’avait donné des inspirations qui m’ont beaucoup aidé. Dessiner des foules, des scènes de combat ou des poursuites, c’étaient des pages que je redoutais, mais je suis content du résultat. Et encore une fois, la couleur a apporté beaucoup de lisibilité.

Les retours ont été assez bons, je crois ?

Pour le moment, ça se passe bien, on est contents. J’ai fait beaucoup de dédicaces à Quai des Bulles. L’album a encore le temps de faire son petit chemin. Mais en tout cas, les retours sont vraiment bons sur les réseaux sociaux, donc ça fait plaisir.

Avez-vous d’autres projets sur le feu ?

Pour le moment, je suis en train de me lancer sur plusieurs projets complètement différents, pour voir ce que ça peut donner. Je ne me refuse rien, mais je ne sais pas où ça va me mener.

Merci pour cet album féministe, bienveillant et lumineux qui fait beaucoup de bien !

 



En bref

Un one-shot
Une BD de : Camille Salomon, Marie-Ortie, Valentin Varrel
Édition : Drakoo


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BennyB

Co-fondateur de la Loutre Masquée, il est né en 1743, un samedi. Son but dans la vie : rendre le monde meilleur, avec des sites internet à base de loutres. Et il trouve que Spirou a vachement plus la classe que Tintin, quand même.

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