
Ecrit par Clément le 15 décembre 2025
“Thorgal saga” est une série de spin-offs réalisée par un nouveau scénariste et dessinateur à chaque tome. Cette fois-ci, Thorgal s’éloigne de sa famille pour tenter de les protéger du destin funeste qui le poursuit, ce qui l’amènera dans une “cité mouvante“.
Nous avons interviewé Mohamed Aouamri lors du dernier festival Quai des bulles à Saint Malo sur son nouvel album de “Thorgal saga“.
Bonjour Mohamed, je suis Clément de la Loutre Masquée !
J’adore l’idée de la loutre masquée ! Peut-être que j’en mettrai une dans ma prochaine histoire. Pour l’instant, il y a déjà un blaireau et un écureuil. Je verrai si je peux y ajouter une loutre, voire même masquée !
Ce serait génial ! Quelle réaction avez-vous eu lorsqu’on vous a proposé de travailler sur un album de Thorgal ?
Pour moi, dessiner un épisode de “Thorgal“, c’était comme recevoir le plus gros cadeau au pied du sapin. Je n’ai pas hésité une seconde ! Dès la proposition, des images de mises en situation me sont venues en tête. Comme j’ai un graphisme qui, à mon avis, se prête bien à un épisode, je savais que j’allais m’amuser.
C’est agréable de retrouver des personnages qu’on connaît depuis longtemps.
J’ai trouvé aussi très malin d’avoir repris Vigrid. Cela permet d’avoir une double histoire, en parallèle de celle de Thorgal, qui est aux prises avec la Cité mouvante. Il y a aussi le retour de Shaniah. Cela mélangé avec le nouveau compagnon Wojciech donne vraiment une belle histoire. C’est la première fois que je travaille avec Antoine Ozanam et j’ai beaucoup apprécié de devoir tisser les aventures parallèles et la complexité scénaristique associée. C’est dommage d’ailleurs qu’il n’ait pas été invité au salon, il aurait adoré participer à l’interview.
Avez-vous eu des contraintes spécifiques sur les dessins, peut-être des caractéristiques graphiques à valider ?
Non, j’ai la chance d’être, paraît-il, le seul collaborateur à ne pas avoir eu à montrer quoi que ce soit avant d’entamer la première planche. L’avantage, c’est que j’avais déjà travaillé sur une série viking auparavant, “Saga Valta”. Cela m’a servi d’entraînement poussé avant d’arriver à “Thorgal“. J’imagine aussi qu’ils ont vu après les premières planches envoyées que ça leur convenait. Bien sûr que j’avais conscience qu’il fallait d’un côté rester soi-même mais en même temps ne pas sortir des clous par rapport à l’esprit de la série. Je savais où j’allais, les limites et quel était aussi mon énorme terrain de jeu.
Mon éditeur a étudié mon travail d’un œil affuté et toujours avec bienveillance. A chaque fois qu’on a discuté sur une case ou une attitude, j’ai toujours trouvé que c’était à bon escient.
Est-ce que ça vous a plu d’imaginer Vigrid, un personnage existant, pas le vôtre, en personne âgée ?
Avant de faire de la BD, j’ai longtemps fait du portrait, de la caricature, sans que ça le soit de manière professionnelle. Cela m’a permis de beaucoup travailler les expressions du visage, le physique, la morphologie. A force d’obstination, on se crée une sorte d’alphabet des formes. Cela nous aide ensuite beaucoup dans notre travail et m’a notamment permis de vieillir le personnage assez facilement.
Quel est votre prochain projet ?
Je ne peux pas beaucoup en parler car on en est encore au début. Mais comme échangé au début de l’interview, il y aura un bestiaire dans la thématique du petit peuple. Il y aura de subtiles notes de dark fantasy, avec un scénario très malin et complexe. Ce sera un one-shot de 80 pages, qui se déroule sous le plancher d’une taverne d’une cité médiévale. Les personnages utilisent les objets du quotidien à une autre échelle, par exemple en se servant d’un dé à coudre comme bassine. C’est très ludique, ça va être un terrain de jeu formidable pour moi, parce qu’il y a beaucoup à imaginer. J’adore ce genre de challenge où il faut créer tout l’univers, en étant inventif et non en regardant de la documentation.
Je suis plutôt un dessinateur de l’imaginaire, avec de l’action et du mouvement. En cas de longue discussion, je vais chercher des artifices pour ne pas m’ennuyer. Par exemple, pour changer d’une longue discussion autour d’une table dans un album, on va sortir de la bâtisse. Au premier plan, on peut placer un oiseau sur une branche et puis une bulle qui vient du toit de la bâtisse où sont les personnages. Après avoir respiré, on peut ensuite rentrer de nouveau dans le bâtiment. Le métier de dessinateur est vraiment très complet.
On a hâte de découvrir ce nouveau projet, avec peut-être une loutre masquée dedans !
En bref
Série en cours (5 tomes parus)
Une BD de : Antoine Ozanam, Bruno Tatti, Mohamed Aouamri
Édition : Le Lombard
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