Ecrit par McR le 13 mai 2026
Cette nuit-là, le sommeil de Lyndon Meriwether est une fois encore agité. Il se revoit enfant, errant dans de longs couloirs, lorsqu’un fantôme noir surgit soudain. Lyndon se noie… avant de se réveiller en sursaut, couvert de sueur.
Il se lève, se prépare une tasse de thé, saisit un livre, fait sa toilette, écrit quelques lignes, puis enfile sa veste et prend sa sacoche. Il se rend ensuite à l’école élémentaire où il enseigne, parcourant les quelques rues d’une Écosse du XIXe siècle en train de s’éveiller.
Dans sa classe, sa collègue Miss Murray l’attend. Elle l’accueille avec enthousiasme, laissant peut-être transparaître une certaine affection.
Mais un élève perturbe la classe : le jeune Mackay. Il doit être recadré, et Lyndon sait qu’il devra en parler à son grand frère. Lorsque celui-ci arrive, Lyndon est pris de panique et manque de s’évanouir.Miss Murray doit alors prendre les choses en main à sa place. Tout semble de plus en plus difficile pour Lyndon, dont les malaises pourraient cacher quelque chose de plus profond. Et comme si cela ne suffisait pas, on apprend bientôt que le petit Mackay a disparu…
Irène Marchesini nous livre ici un roman graphique introspectif où elle nous présente un instituteur rongé par l’anxiété et ses traumatismes.
Vous l’aurez compris, le récit ne repose pas uniquement sur la recherche du petit Mackay, mais surtout sur l’exploration du passé et de la psyché du personnage, privilégiant l’ambiance à l’action.
L’un des gros points forts de Lyndon réside dans cette atmosphère écossaise brumeuse, presque mystique, où les croyances locales vont se mêler à des thématiques comme la santé mentale, la recherche d’identité, l’homosexualité, la culpabilité et refoulement.
Au dessin, Carlotta Dicataldo joue entre les grands espaces écossais et l’analyse des personnages, à commencer par Lyndon, à la fois si fort et si faible. Les visages sont éclairés, les traits sont précis et expressifs et la dessinatrice parvient surtout à coller au récit : l’ambiance y est étrange en permanence.
Globalement, ce one-shot est ambitieux et émouvant, parfois proche du “coup de cœur critique” comme l’a pu l’être “Rebis“, qu’on avait déjà adoré !
En bref
Un one-shot
Une BD de : Carlotta Dicataldo, Irène Marchesini
Édition : Le Lombard
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