Les nouvelles aventures de Barbe-Rouge – Interview de Stefano Carloni !


Ecrit par Clément le 18 novembre 2025

Couverture Barbe-RougeVoici la suite des aventures de Barbe-Rouge, un héros culte apparu dans Pilote en 1959, juste avant Astérix ! La série originale a connu plusieurs auteurs, originellement avec Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon à la création, puis d’autres comme Marc Bourgne ou Patrice Pellerin. Ce sont maintenant Jean-Charles Kraehn et Stefano Carloni qui sont en charge de cette série mythique.

Quand commence le deuxième tome de ce nouveau diptyque, Eric et Barbe-Rouge cherchent à retrouver Baba sur l’île du crocodile !

 

Voici l’interview du dessinateur italien Stefano Carloni, réalisée pendant Quai des Bulles 2025. Nous avons pu échanger avec lui sur son dernier album de Barbe-Rouge.

Bonjour Stefano, quel effet ça vous a fait lorsqu’on vous a proposé de travailler sur Barbe-Rouge ? 

Ce n’est pas un personnage connu en Italie, contrairement à sa popularité dans vos contrées. J’ai découvert la série quand j’étais adolescent et que j’ai commencé à étudier la BD franco-belge. C’était d’ailleurs un de mes coups de cœur. En voulant étudier tous les marchés, j’ai découvert qu’il s’agissait d’une série culte. Et je me suis aperçu que, quand j’avais à peine 4 ou 5 ans, ils diffusaient à la télé une série animée tirée de la BD.

Cela a été un mélange de plusieurs émotions lorsqu’on m’a fait la proposition. D’une part, j’étais honoré qu’on m’ait proposé un grand classique. D’autre part, j’avais peur de ne pas être à la hauteur. Mais dès que j’ai mis mes premières idées sur le papier, tout est venu de façon vraiment naturelle. Dargaud souhaitait initialement partir sur quelque chose de moderne, alors que les ayants droits de Charlier et Hubinon voulaient quelque chose de classique. J’ai dû faire une année de recherche pour trouver un compromis qui pouvait fonctionner pour tout le monde. J’ai eu de bons retours d’anciens lecteurs, mais aussi de nouveaux lecteurs, ce qui n’est jamais facile dans ces cas-là.

 

A vos débuts avec Jean-Charles Kraehn, parliez-vous déjà bien le français ?

Je me débrouillais surtout à l’écrit, contrairement à ma première BD faite en 2014. J’ai tenu à savoir parler français pour respecter les marchés pour lesquels je travaille. J’échange principalement par mail ou par téléphone avec le scénariste. On a dû se voir en tout seulement 3 ou 4 fois avec Jean-Charles, en festival principalement.

 

Planche Barbe-RougeCe nouveau tome de Barbe-Rouge finit le diptyque entamé. Vous allez continuer sur la série ?

Ce sera très certainement le cas, parce que les ventes se portent bien. Par contre, nous faisons une petite pause avec Jean-Charles pour travailler sur d’autres projets. Ce sera toujours chez Dargaud, mais je ne peux pas vous en dire plus pour l’instant. Cela ne devrait pas tarder à être annoncé par l’éditeur.

 

Nous avions discuté avec Jean-Charles Kraehn après la sortie du tome 2, où il nous a dit que l’éditeur était un peu inquiet sur les aventures de Barbe-Rouge. Il souhaitait que le tome 3 soit un one-shot. Le format diptyque serait-il un signe que l’éditeur est rassuré ?

 

La période est compliquée pour lancer de nouvelles séries. Et relancer une ancienne série qui marchait dans le passé n’est plus non plus une garantie de succès. Le public a changé, le marché aussi. On ne pouvait pas s’attendre à 300 000 exemplaires comme les premiers épisodes d’un “Pilote”. L’éditeur était plutôt prudent au début mais les ventes étaient encourageantes dès le tome 2. Pas extraordinaires, mais encourageantes ! Par contre, ces ventes se sont maintenues sur les tomes suivants, ce qui n’est pas courant.

 

Les dessins ont évolué entre le premier et le dernier tome de Barbe Rouge. Vous vous écartez plus des dessins originaux.

J’étais un peu bloqué au niveau psychologique, je devais rester proche des dessins de Victor Hubinon. Cela m’a forcé à m’écarter de mon style habituel. Une fois la confiance établie avec la maison d’édition et les ayant droits, j’ai pu prendre plus de liberté. Je pense aussi que c’est surtout naturel que chaque auteur ait une évolution dans le temps, en cherchant de nouvelles influences, de nouveaux lecteurs, de nouveaux styles. C’est quelque chose que j’espère toujours continuer.

Dédicace Stefano Carloni

Que diriez-vous à une personne qui souhaite se lancer en tant que dessinateur(trice) ?

C’est un monde vraiment compliqué, surtout si on veut débuter aujourd’hui. A l’époque où j’enseignais dans une école de comics italienne, je disais toujours aux étudiants que ce n’est pas impossible de faire ce métier, mais c’est vraiment compliqué.

Le dessin n’est qu’une partie des tâches. Il faut aussi pouvoir gérer des situations pas faciles, avec les contrats, les droits d’auteurs, les deadlines, travailler sur plusieurs projets en parallèle. Si je dois donner un conseil, en général, c’est d’espérer qu’on peut réaliser ses rêves. J’ai une petite fille de 15 mois et je lui souhaite de croire en ses rêves et de pouvoir les réaliser un jour.

 

En Italie, y a-t-il des festivals BD, comme en France ou en Belgique ?

Oui, mais ils sont très différents des salons en France. C’est plutôt similaire aux salons américains. Cela rassemble diverses activités : certains ont des chaînes YouTube, des personnes viennent en cosplay, d’autres sont intéressés par l’univers des jeux-vidéos.

 

Nous avons hâte de découvrir votre nouveau projet, dès qu’il sera annoncé par Dargaud !



En bref

Série en cours (5 tomes parus)
Une BD de : Jean-Charles Kraehn, Stefano Carloni
Édition : Dargaud




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Clément

Alors que certains ont appris à lire avec Oui-Oui, il a appris à lire en feuilletant les Astérix. Tombé dans la marmite des BD depuis tout petit, on peut maintenant le croiser en librairie ou en festival. Il tente maintenant d'apprendre à dessiner, toujours en feuilletant les Astérix, pour peut-être prendre la place de Didier CONRAD pour le prochain Astérix (ne lui dîtes pas qu'il n'a aucune chance 😉 ).

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