Le monstre au violon : interview d’Olivier Supiot


Ecrit par McR le 18 décembre 2025

En voilà un drôle de personnage tout jaune ! Mais ce monstre n’est pas comme les autres. Il ne veut pas faire peur aux enfants mais plutôt jouer du violon. Richard Petitsigne et Olivier Supiot signent là un ouvrage magique et enchanté.

Nous avons interviewé le dessinateur Olivier Supiot au festival Quai des Bulles, qui dévoile la naissance de ce monstre au violon. Un auteur que je suis maintenant depuis plus de 20 ans !

 

Bonjour Olivier, en voilà un monstre mélomane bien étrange… D’où vient cette histoire ?

Le Monstre au violon est arrivé par le biais des Éditions de La Gouttière. Il faut savoir qu’ils ont une collection qui s’appelle Do Ré Mi Chat qui fait se rencontrer les univers de la bande dessinée et de la musique classique.

A l’origine, il s’agit d’un partenariat avec l’Orchestre de Picardie. Chaque année, lors du Festival d’Amiens, il y a une représentation d’une symphonie et en parallèle sont projetées des images issues d’une bande dessinée.

 

Donc ce projet est né d’un concert dessiné en live ?

En effet, je dessinais en direct sur scène pour accompagner l’Orchestre de Picardie qui jouait la symphonie n°4 de Mendelssohn. C’est un souvenir extraordinaire et je les remercie encore.

Suite à cela, Richard Petitsigne et moi avons eu l’idée d’en faire une bande dessinée pour les tout-petits qui raconte l’histoire d’un monstre qui tombe amoureux du violon. Sauf que dans sa famille de monstres, on n’est pas trop violon, on est plutôt bûche et coupe de bois. On évoque donc ici l’envie de faire quelque chose de sa vie, cette passion débordante mais aussi les difficultés qu’on peut avoir à en vivre.

 

Après avoir travaillé sur la série “Marie Frisson”, peut-on dire que ce petit monstre est un retour aux sources pour vous ?

Je vois que tu es bien renseigné ! (rires) En effet, “Marie Frisson” était ma première BD en tant que dessinateur, qui racontait les aventures d’une petite fille au pays des monstres. Cette fois-ci, on prend le point de vue du petit monstre !

 

Justement, comment est venue cette idée d’avoir un petit monstre en personnage principal ?

Richard et moi en avons discuté, nous voulions créer un univers de monstres car cela permettrait aussi d’avoir un aspect coloré, et de ne pas forcément avoir une temporalité dans l’histoire. Cela ne se déroule pas forcément à une époque précise. On trouvait cela intéressant, un peu comme dans une fable ou un conte.

 

Est-ce facile de réaliser une BD sans dialogues ?

Avant toute chose il faut le savoir pour qui on le fait. C’est vraiment pour un jeune public donc l’idée était de garder le personnage en fil conducteur tout au long de l’album. C’est important sinon le petit lecteur peut perdre le sens de l’histoire.

On voulait faire une aventure simple mais qui raconte quand même quelque chose. Dans l’album, un QR code permet d’écouter la symphonie n°4 de Mendelssoh tout en lisant l’histoire. Voilà le fil conducteur pour mon dessin !

 

Avez-vous rencontré des difficultés pour vous mettre à la place des enfants,  pour imaginer s’ils vont comprendre telle ou telle chose ?

On ne se met pas forcément à la place des enfants, mais on essaye de trouver des codes pour donner envie de tourner la page et de continuer la lecture. Personnellement, je sais que j’aurais du mal à continuer la bande dessinée sans alterner BD adulte et BD jeunesse.

C’est vraiment un choix de faire de la BD jeunesse parce qu’il y a peut-être aussi l’envie de ne pas grandir et de raconter des histoires pour les tout petits. D’ailleurs, aujourd’hui c’était un plaisir de rencontrer les enfants en dédicace.

 

Passer un moment avec Olivier Supiot, c’est passer un moment avec un enfant enfermé dans un corps d’adulte. Cette impression, je l’ai souvent retrouvée avec les autrices et auteurs des Éditions de La Gouttière : une capacité à expliquer aux enfants tellement de belles choses. C’est cela la magie de la BD sans bulles ! Merci Olivier !

Acheter cette BD sur le site de la librairie Critic !



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McR

McR a est un homme barbu mais pas méchant. Il a connu la préhistoire, et grâce à un accélérateur de particules, il a pu rejoindre la communauté.

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