Peau d’Homme

Nous sommes en Italie, en pleine période de la Renaissance. La jeune Bianca va bientôt épouser Giovanni, un bon parti et riche commerçant. Ses amies et ses parents la félicitent pour cet heureux événement à venir. Mais Bianca s’interroge sur ce mariage arrangé : elle aurait aimer connaître un minimum son futur mari avant de l’épouser ! Son entourage ne partage pas ses doutes et lui reproche d’être trop exigeante. Seule sa marraine se montre compréhensive et l’invite quelques jours chez elle à la campagne. Là, elle lui révèle un secret. Depuis des décennies, sa famille possède une « peau d’homme ». Une fois enfilée, cette peau magique vous transforme intégralement en garçon.

Comme sa mère et sa tante à leur époque, Bianca revêt ce déguisement. Sa marraine lui apprend à se comporter comme un homme. Elle devient alors Lorenzo. Sous cette apparence, elle s’empresse d’aller à la rencontre de son futur époux, pour apprendre à le connaître. Elle fréquentera avec lui des lieux guère recommandables, fréquentés par des personnes excentriques, mais finalement très sympathiques. Giovanni se liera d’amitié avec Lorenzo… et même un peu plus ! Bianca se trouvera alors dans une situation pour le moins compliquée. Que faire quand son futur mari est en train de tomber amoureux d’un garçon, qui n’est autre qu’elle-même déguisée en homme ?

« Peau d’homme » est la grosse claque BD post-confinement ! En suivant Bianca dans ses doutes et ses sorties aventureuses, on se trouve confronté à de nombreuses questions universelles. Qu’est-ce qui caractérise un garçon ou une fille ? Comment se comporter face à nos proches qui nous recommandent une attitude résignée plutôt que passionnée ? Comment être heureux-se dans une société qui prône la bienséance ?

Et comme si cela ne suffisait pas, la religion s’en mêle ! Le frère de Bianca s’investit corps et âme dans sa vocation de prêtre, il prêche sur la place du village la bonne parole et voit en chaque femme une tentatrice et l’incarnation du mal…

Tout cela aurait pu être indigeste ou rébarbatif, mais il n’en est rien. Le regretté Hubert, qui nous a quitté en février dernier, nous embarque ici dans un conte subtil et enlevé, où les dialogues font mouche. On se laisse vite happer par cette histoire hors du commun, on dévore les pages pour savoir où tout cela mènera l’héroïne. Et, sans trop vous en dévoiler, on peut vous dire que cela ira très, très loin !

Après « L’île aux femmes », il fait à nouveau équipe avec Zanzim aux dessins. Tout comme dans « La sirène des pompiers », ce dernier nous délecte une fois de plus avec son trait si particulier, à la fois moderne et rétro. Quelques planches sont très ingénieuses : on suit des personnages en mouvement, dessinés plusieurs fois dans un grand décor, et cela fonctionne parfaitement.

A eux deux, les auteurs nous emmènent dans une histoire que l’on n’est pas prêt d’oublier. Ils nous parlent de tolérance, de religion, et bien sûr d’amour. Un conte moderne, humaniste et passionné, à mettre entre toutes les mains… sauf celles des enfants, car certaines scènes sont très explicites !

En bref

Un one-shot
Auteurs : Hubert et Zanzim
Editeur : Glénat


Acheter cette BD sur le site de la librairie Critic !

The following two tabs change content below.
Avatar

BennyB

Co-fondateur de la Loutre Masquée, il est né en 1743, un samedi. Son but dans la vie : rendre le monde meilleur, avec des sites internet à base de loutres. Et il trouve que Spirou a vachement plus la classe que Tintin, quand même.
Avatar

Derniers articles parBennyB (voir tous)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *